DECLARATION DU PARTI ALGERIEN POUR LA DEMOCRATIE ET LE SOCIALISME SUR LE PREMIER MAI.

samedi 1er mai 2010
par  Alger républicain

Renforçons la solidarité de classe pour briser l’offensive internationale des capitalistes contre les intérêts vitaux de la classe ouvrière et des travailleurs !

Construisons ou reconstruisons des partis communistes décidés à abattre le régime capitaliste !

La crise du système capitaliste continue de frapper dans tous les continents la classe ouvrière et les salariés ainsi que de vastes couches populaires vivant du seul fruit de leur travail, à ruiner la petite paysannerie et des pans entiers parmi les couches moyennes. C’est une crise globale avec son cortège d’usines fermées, de travailleurs jetés à la rue, de misère grandissante, de malnutrition et de famine sévissant en Afrique et dans d’autres régions du monde, de graves mutilations de la planète et de perturbations climatiques, d’agressions et de guerres déclarées ou larvées, d’atteintes aux libertés démocratiques, de tentatives de criminalisation du combat pour le socialisme.

Les capitalistes et leurs politiciens mènent une offensive brutale pour faire payer par les travailleurs et les couches moyennes les conséquences de la crise profonde de leur système d’exploitation condamné par l’histoire.

Mais, partout dans le monde, les travailleurs manuels et intellectuels sont maintenant de plus en plus nombreux à rompre avec l’esprit de résignation qui avait paralysé leur action sous la pression des discours de renoncement à toute perspective de rupture avec le capitalisme à la suite de la victoire de la contre-révolution en URSS et dans les pays socialistes d’Europe. Ils résistent aux attaques de la bourgeoisie et défendent chèrement leurs intérêts les plus fondamentaux à travers des actions comme les grèves et les manifestations de rues. Ils protestent contre la fermeture d’innombrables usines et les licenciements massifs, contre les délocalisations vers les pays à bas salaires, la hausse des prix des produits les plus essentiels à leur vie. Les plus conscients et les plus combatifs d’entre eux ne veulent pas se laisser faire malgré la trahison des syndicats réformistes briseurs de grèves. Engagés dans une collaboration de classe éhontée avec les patrons et les gouvernements, les syndicalistes réformistes refusent ou torpillent toute tentative d’organiser une riposte collective de grande ampleur à l’offensive coordonnée à l’échelle internationale de la ploutocratie. La sociale-démocratie qui a participé depuis des décennies à la gestion des États capitalistes et apporté sa contribution à tous les mauvais coups contre les conquêtes sociales des travailleurs en même temps que contre le système socialiste s’est une fois de plus ouvertement démasquée par son appui aux plans de sauvetage des profits des grosses banques, de compressions d’effectifs des travailleurs et de subventions scandaleuses aux capitalistes.

En ce premier mai 2010 les exigences sont plus grandes pour la classe ouvrière et les travailleurs du monde entier. Ils se trouvent placés devant la nécessité d’unir leurs forces, de coordonner leurs luttes pour briser les attaques des capitalistes, de se préparer au combat pour une alternative socialiste. Cette crise globale traduit l’impossibilité dans le capitalisme de mettre les forces productives au service de la satisfaction des besoins des travailleurs. Le but des capitalistes est de réaliser le profit maximum. Ce but est en contradiction de façon antagoniste avec les intérêts de la classe ouvrière, de l’ensemble des salariés, de l’humanité tout entière.
Face au rouleau compresseur de la grande bourgeoisie, il est impossible de préserver les droits démocratiques, de défendre des salaires permettant de reproduire sa force de travail et des acquis aussi élémentaires que les systèmes de protection sociale et de retraites menacés par les programmes de régression sociale des capitalistes, sans des syndicats combatifs, des syndicats de classe et de masse, des syndicats internationalistes déterminés à jouer leur rôle d’états-majors organisant la solidarité entre les travailleurs en lutte à l’échelle nationale comme à l’échelle internationale. Seuls des syndicats qui lient la lutte pour les revendications matérielles quotidiennes à la lutte pour abattre le régime capitaliste et socialiser la propriété des grands moyens de production et d’échange, peuvent animer des combats résolus pour mettre en échec l’offensive des capitalistes. Il est impossible de préserver ces acquis et d’en arracher d’autres sans extirper des organisations syndicales l’esprit de collaboration de classe camouflé sous les phrases trompeuses et mensongères du “dialogue entre partenaires sociaux”. Il est impossible de mettre en échec l’offensive des patrons et de leur machine d’État sans vaincre les tendances opportunistes et carriéristes qui refusent d’accuser le capitalisme comme source des maux des exploités et cherchent à faire croire que les succès ne sont possibles que si les luttes se limitent aux seules revendications qualifiées de “réalistes et de possibles “ dans le cadre de la “mondialisation” présentée comme une fatalité rendant inutile toute résistance. Les nécessités d’une lutte internationale résolue contre l’exploitation capitaliste et la domination des puissances impérialistes imposent de rompre avec les confédérations internationales réformistes, comme la Confédération syndicale Internationale, de renforcer les liens avec les syndicats de classe véritable et la Fédération Syndicale Mondiale.

Il est également impossible de briser cette offensive et de préparer des luttes de plus grande ampleur pour changer radicalement la société ou au moins arracher des compromis avantageux pour les travailleurs sans de véritables partis communistes solidement implantés, profondément enracinés au sein des exploités, guidés par la théorie marxiste-léniniste, boussole de toutes les luttes anticapitalistes et anti-impérialistes résolues.

En Algérie aussi, les travailleurs de l’industrie, de la zone de Rouiba et de diverses autres unités du pays, les salariés de la santé publique et de l’éducation, rejoints par des secteurs de plus en plus nombreux des collectivités communales, ont massivement exprimé ces derniers mois leur revendication d’augmentations de salaires rendues nécessaires par la hausse des prix des produits de base, de révision des régimes indemnitaires en rapport avec la pénibilité et les sujétions des postes de travail, de rejet des projets du pouvoir en matière de retraites. Ils ont dénoncé la complicité des dirigeants de l’UGTA avec le pouvoir. Les ouvriers des secteurs industriels ont clamé fort leur attachement à la défense de leur outil de production, de l’intérêt national face aux importateurs et aux appétits des multinationales. Toutes ces catégories de travailleurs ont exprimé leur refus de se résigner devant les inégalités sociales flagrantes qui permettent à une toute petite minorité de contrôler l’essentiel du revenu national et des rentrées pétrolières. C’est une véritable révolte sociale contre la politique d’un pouvoir au service exclusif de la bourgeoisie dans ses différentes composantes, compradore, industrielle, agraire, bureaucratique, au service des trafiquants, des corrompus et des multinationales, un pouvoir qui dilapide l’argent du pétrole, se montre incapable de lancer une véritable stratégie de développement axée sur l’industrialisation et la couverture des besoins alimentaires essentiels, s’obstine à laisser plus de 140 milliards de dollars à la disposition des banques étrangères. Ces luttes ont entraîné durant des semaines des dizaines de milliers de travailleurs. Elles sont en train de tourner la page de la peur et des divisions semées dans leurs rangs par le terrorisme islamiste et les prétextes à la répression du pouvoir qui exploite l’état d’urgence instauré pour combattre ce terrorisme. Elles ont fait reculer le découragement et le pessimisme. Elles ont montré qu’il est possible d’arracher des concessions en matière de salaires en dépit de l’indignation de certains éditorialistes plus prompts à se révolter contre le « populisme » et à agiter le spectre soi-disant de l’inflation par les salaires qu’à dénoncer l’accroissement des richesses accaparées par les profiteurs du régime. Même limités, les succès de ces luttes montrent qu’il est possible, raison de plus, de mettre en échec les projets du pouvoir d’allonger la durée d’activité requise pour bénéficier d’une retraite complète, d’augmenter le nombre de mois pris en compte pour le calcul du montant des pensions, etc.
Décisives pour l’avenir, les luttes des travailleurs sont une des facettes des luttes que différentes catégories populaires mènent dans toutes les régions du pays et chaque jour à travers des manifestations, le blocage des routes, la fermeture des APC, pour l’emploi, le logement, l’eau et l’électricité, la liberté d’expression et d’organisation, le rejet de l’arbitraire, etc.

En ce premier mai 2010, il faut exprimer de façon active notre solidarité avec tous ceux qui luttent partout dans le monde pour les libertés syndicales, pour empêcher la fermeture de leurs usines, la casse de leur emploi, la mise en concurrence des travailleurs à l’échelle mondiale par le capitalisme et ses institutions internationales (FMI et autres) en vue de tirer les salaires vers le bas et de détruire les conquêtes sociales de décennies de luttes.

Solidarité agissante dans notre pays avec les travailleurs et les syndicalistes licenciés, avec les syndicalistes persécutés au mépris de la loi par les multinationales installées au Sahara !
Solidarité avec les femmes travailleuses de Hassi Messaoud victimes d’agressions et d’ignobles campagnes de terreurs orchestrées par des forces obscurantistes encouragées par le laxisme du pouvoir envers elles !

Solidarité avec le combat pour de véritables contrats des travailleurs journaliers, vacataires ou à contrat à durée déterminée, des secteurs économiques et de la Fonction publique ! Solidarité avec les travailleurs du secteur privé en butte à une sauvage répression patronale qui leur dénie toute liberté syndicale et tous droits sociaux !
Combattons le racisme et le chauvinisme distillés ou attisés par les couches exploiteuses, ainsi que les différentes formes insidieuses de clanisme, de tribalisme et de régionalisme qui servent à diviser les travailleurs !

Solidarité avec les travailleurs étrangers victimes de honteuses brimades dans notre pays ! Opposons nous à la réédition des agressions comme celles qui ont visé des citoyens égyptiens à l’occasion du match Algérie-Égypte ! Dénonçons la politique d’expulsion des sans-papiers originaires des pays limitrophes fuyant la misère ! Dénonçons notamment les riches sans foi ni loi qui les exploitent odieusement, profitant de leur extrême précarité avec la complicité du ministère de l’intérieur !

Construisons dans les luttes à la base, avec les travailleurs, de véritables syndicats unitaires de classe, rompant avec l’UGTA, police syndicale du pouvoir, indépendants de la bourgeoisie et de ses partis, organisations, associations, forums, journaux ! Démasquons les pressions de ces forces pour confiner les interventions des travailleurs dans des actions corporatives étroites, pour les manipuler au profit d’objectifs liés aux vues, calculs et intérêts de tel ou tel groupe de la bourgeoisie pour la prééminence au sein du pouvoir ! Construisons des syndicats résolument engagés dans la lutte pour la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs et pour l’abolition du capitalisme !

Salutations aux luttes résolues et exemplaires de la classe ouvrière et des travailleurs de Grèce contre les plans de l’Union européenne et du FMI cyniquement décidés à leur faire supporter le remboursement d’une dette colossale qui n’a servi qu’à rapporter d’énormes profits aux brigands de l’oligarchie financière européenne sans pour autant satisfaire leur voracité insatiable.

Salutations aussi au peuple et aux communistes de Cuba qui résistent au blocus, aux mensonges, aux dénigrements et aux opérations d’isolement animées par les cercles impérialistes des USA et de l’Union européenne. Salutations au peuple de la Corée du Nord qui refuse le diktat impérialiste, à tous les peuples d’Amérique latine, du Venezuela, de la Bolivie, du Nicaragua, de l’Équateur, engagés dans une bataille courageuse pour se libérer de la tutelle impérialiste américaine, aux démocrates et progressistes du Pérou dans leur résistance contre les factieux à la botte de l’impérialisme américain, au peuple palestinien qui ne plie pas sous l’oppression et l’occupation sionistes soutenues par toutes les puissances impérialistes du monde, au peuple syrien que l’impérialisme n’arrive pas à faire renoncer à lutter pour la récupération de ses territoires occupés par Israël, au peuple sahraoui en lutte depuis près de 40 ans pour son indépendance.

Salutations aux travailleurs iraniens qui livrent un combat difficile à la fois contre une dictature instrumentalisant l’Islam pour justifier un des pires régimes d’exploitation et contre les pressions impérialistes qui visent à remplacer la domination d’une bourgeoisie ultra réactionnaire par celle d’une bourgeoisie soumise à l’impérialisme ! Salutations aux travailleurs irakiens qui subissent la double oppression de l’occupant impérialiste et de la terreur intégriste islamiste !

Salutations aux forces démocratiques progressistes du Maroc et de la Tunisie dans leur combat contre la monarchie ou l’arbitraire “républicain”, pour la liberté et le progrès social !

Salutations à tous les peuples, à toutes les forces prolétariennes progressistes qui rejettent le diktat impérialiste et luttent pour un monde enfin débarrassé de l’exploitation et de l’oppression !

A bas le capitalisme ! A bas l’impérialisme !

Vive la solidarité internationaliste des travailleurs de tous les pays et des peuples opprimés !

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PADS

29 avril 2010


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