Il y a cinquante ans en Indonésie : l’atroce génocide oublié

jeudi 5 novembre 2015
par  Alger republicain

Il est vrai que la liste est longue des génocides perpétrés par les impérialistes de tous pays. Mais qui s’en soucie aujourd’hui ? Peu de monde. Qui les rappelle en mémoire ? Peu de gens, soit parce qu’ils en sont coupables soit parce qu’ils considèrent les victimes avec mépris et sans intérêt soit encore parce qu’ils en sont auxiliaires … Les médias ? Ils restent silencieux. Ainsi en gardant le silence sur ces crimes contre l’humanité la mémoire va s’éteindre, espèrent-ils.

Mais se taire n’est-ce pas se faire complice de tous les crimes ? De toute façon, hurlent les mêmes, c’est du passé, les temps ont changé. « Nous n’allons pas passer nos heures si précieuses à les rabâcher ! Ne remuons pas les temps anciens. Et, puis finalement ce ne sont que des communistes, des Asiatiques, des Arabes, des Africains ou des Sud-américains. On ne va quand même pas pleurer pour les Palestiniens, qu’il s’agisse d’enfants, de femmes ou d’hommes, peu importe. Ce serait faire injure à Israël. Oubliez-vous que ce pays est la seule démocratie de la région ? »

Le mieux est de ne pas en parler, imaginent-il. Cependant des mémoires sont encore vivantes.

Bien évidemment, les temps ont changé mais l’impérialisme, lui, n’a pas changé de nature. Cependant, malgré ses opérations criminelles, il rencontre aujourd’hui, même une forte opposition et la résistance de nombreux peuples qui ne se laissent pas prendre à ses manœuvres mensongères. Peut-être n’a-t-il plus ses formes du passé, et n’est-il plus tout à fait pareil et encore, pas toujours. Changer de peau n’est pas changer intrinsèquement. La preuve, par sa trompeuse perfidie, tous les jours, il bave dans ses médias des formules bidons, « droits de l’Homme, » « droits à la démocratie », etc. qu’il ne respecte nullement.

N’est-ce pas, changer de vocabulaire, avec des expressions comme le droit d’ingérence et autres inventions de cet acabit, c’est tenter de justifier ses interventions militaires lancées sous n’importe quel prétexte. C’est une bonne chose pour la « démocratie » instaurée par les mêmes puissances impérialistes déclarent les médias à leur service Les exemples ne manquent pas où cette « démocratie » et l’ordre ont été « rétablis » : l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, le Mali, la Centrafrique, la Côte d’Ivoire, le Yémen et d’autres pays encore en sont la démonstration quotidienne pour ceux qui en sont avertis et cette liste n’est pas exhaustive. Il y a aussi l’Amérique Latine …

Que font-ils en Syrie sous le prétexte d’abattre la dictature, sinon des victimes par centaines de milliers ? Et sur qui s’appuient-ils, sur les forces prétendument démocratiques d’Arabie saoudite, d’Erdogan de l’Etat islamique, de Nosra, et autres nébuleuses les unes plus réactionnaire et barbares que les autres. Leurs alliés sont beaux dans leurs croisades militaires. Il leur arrive pourtant de tomber sur un os et de trouver une résistance inattendue.

Le génocide en Indonésie, remontons le temps

Voyons ce qu’il s’est produit dans une autre partie du monde sur laquelle règne le silence le plus total. Il y a cinquante ans en Indonésie. Appuyé par les USA un général réactionnaire à la solde de la bourgeoisie de son pays, Suharto, a organisé un coup d’Etat aidé dans ses œuvres par l’impérialisme et a succédé au général Soekarno. On sait dans quelles conditions. Il a organisé aussitôt des commandos de la mort et fait massivement massacrer un million de communistes avec une atrocité indicible faisant couper les seins des femmes, torturant et mutilant les hommes, les égorgeant et les précipitant dans les rivières ou les jetant dans des fosses communes. La répression fut terrifiante, et sans retenue. Mais les Occidentaux l’évoquèrent à peine.

Il faut aussi le rappeler, auparavant, la France colonialiste avait commis l’assassinat de 80 000 Malgaches, puis au Vietnam les guerres de l’impérialisme français et américain avait massacré 2 000 000 de personnes. Pour ce qui concerne notre pays les chiffres ne sont pas précis mais pour certains, durant notre guerre de libération, les estimations varient de 600 000 à 1500 000 morts sans prendre en compte ceux de 1945 ! N’était-ce pas aussi un holocauste ?

Inutile de rappeler les autres génocides, ils sont innombrables.

Malik Antar


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