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L’ONU S’EST EMPÊTRÉE DANS UNE RÉSOLUTION CONTRAIRE À SES PRINCIPES FONDAMENTAUX, NOTAMMENT EN MATIÈRE DE DÉCOLONISATION

mercredi 3 décembre 2025, par Alger republicain

La nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui avait été votée est une résolution injuste, provocatrice, et en totale opposition avec les principes mêmes qui ont fondé l’ONU. Loin d’apaiser un conflit qui dure depuis plus d’un demi-siècle, ce texte irresponsable ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu. Et, comme toujours, cette décision a été prise sans consulter le peuple sahraoui, pourtant directement concerné par son avenir.

Depuis plus de 50 ans, les Sahraouis tout comme les Palestiniens sont exclus des discussions qui déterminent leur sort. Leur terre est colonisée, leur voix étouffée, leurs droits bafoués.
Pendant que les grandes puissances imposent leurs vues, un silence glaçant règne sur les exactions commises dans les territoires occupés.
La répression marocaine est systématique :arrestations massives, disparitions forcées, prisons surpeuplées, tortures et sévices infligés aux détenus, violences quotidiennes contre la population civile.
Des milliers de Sahraouis croupissent dans les geôles marocaines, subissant un régime de terreur dont la communauté internationale détourne lâchement les yeux.
Le même silence pèse sur les camps de réfugiés sahraouis de Boujdour, Aousserd et Smara.
Là, dans une région désertique sans ressources, près de 174 000 réfugiés, selon le HCR, vivent depuis des décennies dans des conditions extrêmes : chaleur suffocante, tempêtes de sable, absence totale de ressources naturelles et manque chronique d’eau potable.
Ces populations survivent uniquement grâce à l’aide humanitaire fournie notamment par l’Algérie.
L’ONU, parfaitement au courant de cette situation dramatique, se contente d’observer, impassible.
Les relations entre l’Algérie et le Maroc, déjà extrêmement tendues, risquent de se dégrader davantage. Cette résolution, en légitimant implicitement les revendications marocaines, contribue à accroître la menace d’un conflit majeur en Afrique du Nord.
Comment une organisation comme l’ONU, censée faire appliquer la Charte des Nations unies et défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, a-t-elle pu approuver un texte qui normalise la colonisation du Sahara Occidental par le Maroc ?
C’est une trahison morale, une imposture politique et un reniement complet des principes onusiens.
Mais ce n’est malheureusement pas la première fois que l’ONU se range du côté des puissances impérialistes :
 2004 (Côte d’Ivoire) : Alassane Ouattara accède au pouvoir avec la complicité de la France et l’aval de l’ONU. Le président légitime, Laurent Gbagbo, est arrêté par l’armée française et emprisonné six ans sans jugement.
 2011 (Libye) : Sous un prétexte fabriqué de toutes pièces l’accusation mensongère que Kadhafi bombarderait son peuple l’ONU autorise une intervention militaire étrangère. Résultat : un carnage, des milliers de morts, des villes rasées, et le lynchage du président libyen. La Libye, jadis l’un des pays les plus développés d’Afrique, est aujourd’hui en ruines.
Dans ce contexte, le soutien du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à la résolution sur le Sahara Occidental est d’autant plus incompréhensible et inquiétant.
La France joue un rôle central dans cette affaire, fidèle à sa politique hostile envers l’Algérie depuis l’indépendance.
Les États-Unis, eux, défendent leurs propres intérêts géostratégiques, comme ils le font à Ghaza où ils soutiennent inconditionnellement l’État d’Israël, colonisateur et oppresseur du peuple palestinien.
Le Maroc bénéficie d’un soutien appuyé des grandes puissances, non par légitimité historique mais parce qu’il occupe une position géostratégique cruciale : accès à la Méditerranée, point d’entrée vers l’Afrique, zone clé pour le commerce, l’énergie et la coopération militaire.
L’objectif caché des USA, de l’Union européenne et d’Israël est clair : déstabiliser l’Algérie, affaiblir un pays souverain et indépendant, exploiter ses richesses naturelles, et exclure la Russie de la région. Le Maroc, de son côté, nourrit des revendications territoriales démesurées, allant jusqu’à prétendre qu’Oran et Tamanrasset seraient marocaines.

La position du Front Polisario
Le Front Polisario, représentant légitime du peuple sahraoui, rejette fermement toute idée de défaite, malgré la supériorité militaire revendiquée par le Maroc et le soutien extérieur dont Rabat bénéficie.
« Le Maroc ne peut ni nous vaincre ni nous convaincre », affirme la direction du Polisario.
Cinquante ans de résistance ont forgé la conviction que lutte, dignité et détermination sont les piliers de l’identité sahraouie.
Pour le Polisario, aucune solution n’est possible tant que les conditions d’un référendum d’autodétermination ne sont pas réunies.

La position de L’Algérie
L’Algérie a justifié sa non-participation au vote en expliquant que cette résolution contredit la doctrine onusienne de décolonisation.
Le peuple sahraoui n’a toujours pas pu exercer son droit fondamental à l’autodétermination. Et ce droit n’est pas un simple slogan : c’est le cœur même du droit international.
Pour Alger, le texte du Conseil de sécurité : réduit le cadre des négociations, met en avant les ambitions territoriales marocaines, ignore complètement les aspirations légitimes du peuple sahraoui, et fait silence sur les propositions du Front Polisario.

Les racines historiques du conflit
L’Espagne colonise le Sahara occidental en 1884, dans la région du Rio de Oro. Elle y reste plus de 90 ans. En 1976, lors de son départ, elle bafoue le droit du peuple sahraoui en transférant de fait l’administration du territoire au Maroc, avec les accords de Madrid.
En 1975, la Marche verte orchestrée par l’armée et le gouvernement marocains voit 350 000 Marocains pénétrer dans le Sahara Occidental.
C’est le début de la guerre avec le Polisario.
Bien entraînés, les combattants sahraouis infligent de lourdes pertes à l’armée marocaine et libèrent une grande partie du territoire. Le conflit s’enlise, les souffrances s’accumulent.
Incapable de vaincre militairement le Polisario, le Maroc décide en 1985 de construire un mur de sable de 2 700 km, truffé de millions de mines antipersonnel : un mur gigantesque, des milliers de soldats mobilisés jour et nuit et un système de surveillance ultra-sophistiqué.
Le but réel est d’empêcher les combattants sahraouis de libérer le territoire, sécuriser l’exploitation des richesses naturelles, en particulier les phosphates de Boucraâ et les zones de pêche très rentables.
La résolution 690 (MINURSO) de 1991 devait organiser un référendum d’autodétermination.
Trente ans plus tard, aucun référendum.
Un échec retentissant de la communauté internationale.
Après plus d’un siècle de souffrances, de colonisation, de guerre, de famine et d’exil, une seule solution demeure juste et conforme au droit international :
l’organisation immédiate d’un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui.
Ce peuple, digne et résistant, a besoin d’une solidarité internationale réelle, massive et inconditionnelle pour faire face à l’alliance maroco-impérialiste.
LIÈS SAHOURA