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La base militaire des USA à Soto Cano point d’appui aux ingérences en Amérique centrale

samedi 8 août 2009, par Alger républicain

Située à environ 50 milles de la capitale Tegucigalpa, elle a été activée depuis 1981 sous l’impulsion de l’administration Reagan.

Pendant les années 1980, Soto Cano a été utilisée par le colonel Oliver North comme base d’opérations des « contras », les forces paramilitaires entraînées, armées et financées par la CIA et chargées de mener la guerre contre les mouvements de gauche en Amérique centrale et surtout le gouvernement voisin sandiniste du Nicaragua. À partir de Soto Cano, les « contras » ont mené des attaques terroristes, de la guerre psychologique (supervisée par le Bureau de Diplomatie publique d’Otto Reich), des attaques d’escadrons de la mort et des missions spéciales secrètes dans lesquelles des dizaines de milliers de paysans et de civils ont été assassinés, et des milliers de personnes ont été enlevées, torturées, blessées alors que toute une région a été soumise à un régime de terreur.
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La base de Soto Cano est le siège de la Force opérationnelle mixte « Bravo » composée d’effectifs de l’armée de terre, de l’armée de l’air, de forces de sécurité communes et du premier bataillon du 228ème régiment de l’aviation américaine, ce qui représente environ 600 personnes au total et 18 avions de combat, dont des hélicoptères UH60 Black Hawk et CH47 Shinock. Soto Cano est également le siège de l’Académie aérienne hondurienne, Plus de 650 citoyens américains et honduriens vivent en permanence à l’intérieur de la base.

La constitution du Honduras ne permet pas légalement la présence militaire étrangère dans le pays. Un accord « par poignée de main » semi-permanent entre Washington et le Honduras autorise cette présence stratégique et importante de centaines — parfois de milliers — de membres du personnel militaire américain sur la base. Cet accord a été conclu en 1954 en échange de l’aide américaine de millions de dollars aux forces armées du Honduras qui comprend des programmes d’entrainement, des armes et de l’équipement militaire de même que des exercices conjoints et des opérations en sol hondurien. La base a été utilisée la première fois par l’armée américaine et la CIA comme base de lancement du coup d’État contre Jacobo Arbens au Guatemala en 1954.
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Le 31 mai 2008, le président Manuel Zelaya a annoncé que Soto Cano (Palmerola) allait être convertie en un aéroport civil international. La construction de son terminal devait être financée par des fonds provenant de l’Alliance bolivarienne des Amériques (l’ALBA — dont sont membres la Bolivie, Cuba, l’Équateur, la Dominique, le Honduras, le Nicaragua, St-Vincent, Antigua-et-Barbuda et le Venezuela). Cela constituait évidemment une menace très sérieuse pour la présence militaire américaine au Honduras.
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Eva Golinguer