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La guerre en Ukraine aiguise dangereusement les contradictions entre les puissances impérialistes
La guerre en Ukraine aiguise dangereusement les...
mercredi 28 janvier 2026, par
La guerre en Ukraine aiguise dangereusement les contradictions entre les puissances impérialistes. La fin de ce conflit n’est pas pour demain et, même en cas de cessez-le-feu, le risque d’une dégénérescence en troisième guerre mondiale n’est pas écarté. Les enjeux géostratégiques ont profondément changé de nature.
Les dirigeants impérialistes occidentaux, largués sur le dossier ukrainien et insatiables de guerre, cherchent aujourd’hui à en découdre avec la Russie afin de redorer leur blason. La guerre contre la Russie est déjà programmée à l’horizon 2030, et les opinions publiques occidentales sont progressivement préparées à cette confrontation.
Il est donc indispensable de déterminer avec précision les origines de ce conflit et, surtout, de ne pas falsifier la réalité au service d’intérêts particuliers.
Ce sont les bolcheviks qui ont créé l’Ukraine comme entité particulière au sein de la Russie soviétique. Elle constituait alors le grenier à blé du pays. Kiev, la capitale, faisait partie intégrante de l’Empire russe, et de nombreux cadres ukrainiens occupaient des responsabilités importantes au sein du Parti communiste de l’Union soviétique. Incontestablement, l’Ukraine a été historiquement liée à la Russie depuis des temps immémoriaux.
La population ukrainienne est majoritairement russe ou russophone et parle couramment le russe. L’autre partie est composée de groupes hétéroclites : certains Ukrainiens se définissent comme russo-ukrainiens, d’autres comme anti-russes, pronazis, pro-européens ou anticommunistes, mais ces courants demeurent très minoritaires.
Durant la Seconde Guerre mondiale, les groupes pro-nazis se renforcent en s’acoquinant avec l’Allemagne hitlérienne et constituent des milices armées combattant l’Armée rouge aux côtés de la Wehrmacht.
Le 26 décembre 1991 marque la victoire de la contre-révolution et le démantèlement de l’Union des républiques socialistes soviétiques. Peu après, les dirigeants ukrainiens organisent un référendum sur l’indépendance, remporté par le « oui ». Le 24 août 1991, l’Ukraine proclame officiellement son indépendance.
Des élections présidentielles sont organisées et, à la surprise générale, Léonid Kravtchouk, membre du Parti communiste ukrainien, devient le premier président de l’Ukraine indépendante. Il prône un rapprochement avec l’Europe sans rompre les liens avec la Russie et mène une politique favorable aux travailleurs.
En 1994, Léonid Koutchma, ancien membre du PCUS et du Comité central du Parti communiste ukrainien, est élu très largement au suffrage universel. Malgré ses origines communistes, il doit affronter une grave crise économique et financière, provoquant le mécontentement populaire et des manifestations dans tout le pays.
En 2010, Victor Ianoukovytch remporte de justesse l’élection présidentielle avec 48,95 % des voix au second tour. Membre du Parti des régions et pro-russe notoire, il avait déjà occupé le poste de Premier ministre en 2002. Il hérite d’une situation chaotique et adopte des mesures impopulaires, notamment la suspension de l’accord d’association avec l’Union européenne et une réforme constitutionnelle renforçant le pouvoir de l’État.
Les forces les plus réactionnaires et fascistes, notamment la clique Zelensky, exploitent cette situation pour déclencher de vastes manifestations sur la place Maïdan à Kiev. Accusant Ianoukovytch de corruption et de dictature, les manifestants lancent la « Révolution orange », soutenue par les puissances impérialistes. Soutenu par la Russie, le Parti communiste ukrainien et une large partie des Russes ukrainiens, Ianoukovytch refuse de démissionner et ordonne à la police anti-émeute de disperser les manifestants. Les affrontements sont violents et font des blessés et des morts.
La situation reste explosive. Les États-Unis, appuyés par des responsables tels que John McCain, Chris Murphy et Victoria Nuland, interviennent ouvertement pour influencer le mouvement. Ianoukovytch durcit la répression et adopte des lois anti-manifestations, tandis que les opposants deviennent de plus en plus violents.
En 2014, le coup d’État pro-américain aboutit à la destitution d’Ianoukovytch, contraint de fuir en Russie. Des élections présidentielles sont organisées en mai 2014 et Zelensky est porté au pouvoir.
Dès son arrivée, il interdit le Parti communiste ukrainien, fait arrêter ses dirigeants, interdit la langue russe, ferme les écoles russes et engage une répression massive contre les Russes ukrainiens. Les statues de Lénine et les monuments à la gloire de l’Armée rouge sont détruits, ainsi que de nombreux symboles liés à la Russie.
Ces mesures ultra-réactionnaires et antipopulaires provoquent une explosion de violences et plongent l’Ukraine dans une profonde instabilité. Le coup d’État de 2014, occulté par les médias occidentaux, entraîne le démantèlement du pays. L’Ukraine se retrouve pratiquement coupée en deux : une partie sous domination occidentale, l’autre sous influence russe.
De 1991 à 2014, les présidents ukrainiens élus démocratiquement étaient pro-russes, et les Russes ukrainiens constituaient une majorité importante de la population. Face aux persécutions, ils se regroupent avec l’aide de la Russie dans les régions du Donbass et de Donetsk, où naissent les républiques populaires de Louhansk et de Donetsk.
La réponse du clan Zelensky et de ses soutiens occidentaux est militaire : bombardements massifs et déclenchement d’une guerre civile qui durera plus de huit ans et fera près de 9 000 morts.
Malgré les accords de Minsk de 2014, qui prévoyaient une autonomie régionale, les autorités ukrainiennes cherchent à reprendre ces territoires par la force. Épuisés, les séparatistes demandent l’aide militaire de la Russie, qui lance une « opération spéciale » le 22 février 2022 afin, selon elle, de protéger les populations victimes de violences depuis huit ans.
Les puissances impérialistes occidentales falsifient la réalité du conflit en occultant le coup d’État de 2014 et la guerre civile, dénonçant exclusivement la Russie comme agresseur. La Russie utilise cette situation pour reconquérir ses territoires perdus et poursuit ses objectifs géopolitiques.
Le conflit de 2022 n’est donc que l’extension d’une guerre commencée en 2014. L’Ukraine est devenue un enjeu stratégique majeur, destinée à être intégrée à l’OTAN comme dernier maillon de l’encerclement de la Russie.
Il ne s’agit pas de « libérer » le peuple ukrainien, mais d’un affrontement entre deux blocs impérialistes antagonistes : le bloc américano-occidental d’un côté, et le bloc Russie-Chine et les BRICS de l’autre.
Depuis plus de trois ans, cette guerre a causé entre 200 000 et 300 000 morts, autant de blessés, des destructions massives et d’immenses souffrances pour les peuples ukrainien et russe. Tant que la clique Zelensky issue du coup d’État de 2014 restera au pouvoir, aucune paix durable ne sera possible.
Pour les dirigeants impérialistes responsables de ces massacres, les peuples n’existent pas. Comme en Palestine, les peuples ukrainien, russe et palestinien subissent les affres de l’impérialisme.
À tous les peuples dominés et opprimés qui veulent briser ces lourdes chaînes, une seule solution s’impose : détruire le système capitaliste et construire une nouvelle.
LIÈS SAHOURA
Alger républicain