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Les États-Unis ont décidé de diviser la Syrie

vendredi 4 juillet 2014

N’ayant pas pu renverser le régime d’Assad, « l’opposition modérée » va désormais tenter de créer son propre quasi-Etat sur l’exemple de l’EIIL. Et ils seront pour cela assistés par la loi américaine sur la politique militaire.

« Le même jour où notre Secrétaire d’État était furieux que la Russie soit en train d’armer des militants antigouvernementaux dans un pays, notre président lui décidait de dépenser 500 millions de dollars pour le réarmement de forces similaires dans un autre État. Comment ces gars-là gardent-ils leur sérieux ? »

C’est ainsi qu’un lecteur de New York Times de l’Etat d’Ohio a commenté le fait que le président américain, Barack Obama, avait demandé au Congrès quelque 500 millions de dollars pour venir en aide à l’opposition syrienne modérée le 26 juin dernier.

N’ayant pas pu renverser le régime d’Assad, « l’opposition modérée » va désormais tenter de créer son propre quasi-Etat sur l’exemple de l’EIIL. Et ils seront pour cela assistés par la loi américaine sur la politique militaire. Cette loi donne au Pentagone le droit de « former et équiper les éléments vérifiés de l’opposition syrienne, afin de les aider à protéger le peuple syrien, à stabiliser les régions qui se trouvent entre les mains de l’opposition, à contribuer à la mise à disposition des principaux services nécessaires à la population, à contrer les menaces terroristes et à créer les conditions permettant le règlement pacifique du conflit ».

La représentante du Conseil de sécurité nationale auprès de la Maison Blanche, Caitlin Hayden précise que : « Bien que l’on estime comme avant, qu’il n’y a pas de solution militaire à cette crise, et que les Etats-Unis ne devraient pas faire intervenir les forces militaires américaines en Syrie, cette demande constitue encore un pas de plus dans la mise à disposition d’aide au peuple syrien contre les attaques du régime, afin de contrer l’augmentation en nombre des extrémistes d’EIIL, qui trouvent refuge dans ce chaos, pour prendre leur avenir en mains ».

Ainsi, au milieu du chaos qui règne sur les territoires occupés par l’opposition, les États-Unis ont identifiés « les personnes de confiance » qui seront formées et réarmées. (Il y a quelque temps, Oussama Ben Laden était l’une des personnes de confiance des États-Unis). De plus, les militaires américains s’apprêtent à apprendre aux opposants syriens à stabiliser leur pays et à se protéger des attaques du régime. Il s’agit du schéma américain de l’éternelle « création des conditions de règlement pacifique » des conflits qui a fait ses preuves en Irak, en Afghanistan et en Libye...

Visiblement, las du surréalisme américain, les pays de la région ont commencé à régler de manière autonome les menaces d’apparition de nouveaux États sur leurs territoires. Les armées syrienne et libanaise effectuent des opérations conjointes contre les rebelles le long de leur frontière commune, et les forces navales syriennes bombardent les positions de l’EIIL en Irak. Pourtant, le Secrétaire d’État, John Kerry, a déclaré que de telles actions constituaient une intervention nuisible au règlement du conflit en interne. En effet, comment pouvait-on oublier à qui appartient le droit exclusif au bombardement et à l’occupation des territoires des pays souverains, mais aussi le financement, le réarmement et la formation des formations anti-gouvernementales dans le monde entier ?

Toutefois, même avec 500 millions de dollars, il paraît compliqué de vaincre l’armée syrienne et ses alliés du « Califat » voisin. Mais, l’argent sera dépensé évidemment.

Et en effet, comment les autorités américaines arrivent-elles à garder leur sérieux en tenant de tels propos ?

Vadim Fersovitch

in La Voix de la Russie

30/06/14


Voir en ligne : Source : La Voix de la Russie