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Les problèmes dénoncés par les travailleurs de la SNVI mettent à nu une politique de sabordage de l’industrie nationale

lundi 7 novembre 2016, par Alger republicain

Cette politique s’est manifestée dans des opérations successives menées depuis plus de vingt années.

Cela avait commencé avec l’autorisation donnée aux particuliers d’importer des véhicules industriels d’occasion. Ainsi des dizaines de milliers de camions de toutes marques et de différents tonnages ont été importés au point où les places de stationnement existantes ne suffisaient plus à les contenir. Le nombre de camions a dépassé de loin les besoins en moyens de transport. A ce jour, une bonne partie de ces camions ne sont d’aucune utilité. Leur importation n’a servi qu’à l’évasion de devises vers l’étranger, une fuite devenue un des objectif de chaque importation.

Puis ce fut carrément l’ouverture du marché algérien aux fabricants de véhicules lourds de toutes marques qui se sont installés par l’intermédiaires de concessionnaires dont les liens avec les forces qui détiennent le pouvoir ne peuvent être cachés. Une concurrence déloyale est ainsi menée vis à vis de la SNVI au point même où les institution publiques boudent ses produits sans aucune raison valable. Pour noyer le poisson et pour justifier leur emprise sur le secteur, les forces bourgeoises évoquent les faiblesses dans le management et d’autres divagations sans fondements.

Le pouvoir politique qui constitue leur unique soutien s’est allié à leur cause. Il a engagé la préparation de la mise à mort de la SNVI en présentant une alternative de partenariat triangulaire Mercedes, Emirats et SNVI. Une alternative qui efface tout le savoir-faire construit sur plusieurs dizaines d’années et qui ne demande qu’à être fructifié et développé dans le cadre d’une véritable stratégie industrielle. Une alternative qui vise à fructifier les fortunes d’une minorité de bourgeois dont l’intérêt qu’ils prétendent porter au pays ne réside que dans les profits qu’ils en retirent.

Les travailleurs qui se sont révoltés ces derniers temps vivent les conséquences d’une politique qui ne tient pas compte des intérêts du pays. Ils demandent où sont passés les budgets importants octroyés par l’Etat pour relancer la production. Mais aucune réponse ne leur est donnée. Ils ne savent rien de ce que va apporter ce partenariat à leur carrière professionnelles et à l’entreprise.

Quel avenir sera-t-il réservé aux produits actuels avec l’entrée en production des nouveaux produits ? A voir une réalité caractérisée par la baisse du niveau de production et le laisser-aller affiché par les responsables à tous les niveaux, les travailleurs ont toutes les raisons de s’inquiéter et de tirer la sonnette d’alarme. Ils doivent comprendre que la survie de la SNVI, un des fleurons de l’industrie nationale, est étroitement liée à la lutte contre la bradage des intérêts du pays et de la souveraineté nationale. Elle est étroitement liée à la défense du secteur public et à son développement. Elle est liée à l’encouragement des ambitions de nos ingénieurs, de nos techniciens et de tous nos travailleurs qui aspirent à jouer un rôle dans le développement de leur pays en faisant valoir les connaissances techniques et scientifiques acquises au prix de grands efforts.

Elle est surtout liée à leur mobilisation pour la construction d’un véritable syndicat qui se préoccupe des intérêts des travailleurs en liaison avec un développement économique ayant pour objectif le progrès social, développement fondé sur un secteur d’Etat fort et capable d’assurer l’indépendance et de protéger la souveraineté du pays.

T. Gh
07.11.16