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Les secrets de l’infiltration des USA en Tunisie au sein des organisations civiles*

mardi 8 mai 2012

Les organisations civiles sont devenues une sorte de Cheval de Troie par le biais des forces colonialistes chapeautées par les USA depuis l’étranger. Ces associations sont utilisées comme tête de pont pour introduire le modèle américain. Parmi les moyens les plus dangereux connus à cette fin, il s’agit de l’injection de fonds de façon directe ou bien par le biais d’organismes propres généralement sans couleur politique. Ces fonds sont introduits sous couvert de mission humanitaire et démocratique dans la plupart des cas, avec une augmentation substantielle de ces fonds étrangers.

L’origine de ces fonds peuvent provenir soit directement du gouvernement américain pour bénéficier ces associations, ou bien accordées par des organisations non gouvernementales américaines ; que ce soit pour bénéficier des individus ou des associations à but politique ou social ou culturel. Dernièrement un débat a révélé l’expansion de la masse de ces fonds et les organismes qui les accordent au sein des pays arabes, notamment à la suite des révolutions du « printemps arabe ». Des activistes en Égypte accusés d’avoir financé des associations civiles attirent l’attention dans la région sur ce dossier dangereux mis à nu en Tunisie comme dans le cas de l’Égypte.[Ici : Références à propos de l’ouvrage de Philip Agee, « Inside the company », ancien agent de la CIA dans les années 60].

Depuis 1991, les puissances occidentales à leur tête les USA suivent de près l’évolution des évènements dans le Tiers-monde et notamment dans les pays arabes afin de déceler les mouvements insurrectionnels susceptibles de menacer la sécurité des pays européens et américain, entre autre les pays arabes.

Le système consiste à stimuler l’activité sur le plan social et notamment au sein de la sureté nationale moyennant l’installation de bureaux de services américains et européens dont l’activité est d’ordre social, culturel, archéologique et politique. Les organes de presse se sont mis au service des revendications concernant la liberté d’association, de réunion et d’expression et les droits humains, de la femme, l’enfant, l’environnement, comme étant les fondements de la démocratie. Ils cherchent à intervenir de façon ouverte au sein de ces associations afin d’obtenir les informations utiles sur ces pays avec le moindre effort et le moindre financement.

Le principe de ces informations leur permet d’anticiper tout mouvement politique, soit pour les avorter ou les réorienter dans leur intérêt. Ce fut le cas de l’ex-URSS. La CIA a financé les ONG pour fomenter l’opposition et provoquer la chute de régimes qui lui sont hostiles sans avoir à tirer une seule balle ni perdre un seul soldat, au contraire de ce qui se passe en Irak et en Afghanistan. Ceci en dehors des actions facilitées par la laïcité et le capitalisme sauvage ; également au travers d’hommes politiques et des intellectuels qui ont vendu leur âme, en tant que cinquième colonne faisant l’économie d’une occupation directe et sans frais et en fonction de leurs conditions politiques et la destruction des régimes rebelles à leurs intérêt.

La politique du venin dans le corps ?

Il s’agit d’une politique d’infiltration dans les pays arabes du Moyen Orient qui consiste à introduire un programme d’aide aux organisations locales par l’intermédiaire de bureaux notamment en Tunisie. Par la suite cette aide s’est étendue vers les associations de femmes, les universités, les étudiants, ainsi que des bourses, conférences et congrès, échange de visites et des stages de formation pour le montant de quinze millions de dollars, y compris le financement de projets individuels en 2008. Washington a inauguré trois autres bureaux au Golfe arabique, Abu Dhabi et l’Afrique du Nord ainsi que le Caire.

L’ambassade des USA à Tunis est considérée comme la base pour étendre les actions en Algérie, Égypte, Liban, Libye, Maroc, Palestine, Jordanie pour un montant de cinquante millions de dollars. Le bureau de Tunis comprend dix fonctionnaires dont des diplomates américains et des fonctionnaires locaux spécialisés dans le domaine social. Le même schéma s’est produit au Maroc en conjonction avec l’UNESCO. Un million de dollars aurait été attribué à titre de consolidation des acquis en Tunisie à la suite du départ de Ben Ali.

Vingt millions de dollars auraient été dédiés à des sociétés et ONG dans le but d’aider à l’organisation des élections, des réformes économiques. En conclusion, ces interventions cherchent l’intromission à tous les niveaux de la vie sociale et économique tunisienne au point de nous demander quel serait bien l’intérêt de l’Amérique dans de tels efforts. Le but avancé sous un prétexte fallacieux est celui d’une action en faveur de l’épanouissement et le bien-être de la société tunisienne.

L’activité de l’USAID sous prétexte de bienfaisance est en fait une opération d’infiltration pour permettre le gouvernement américain d’acquérir les informations nécessaires et les statistiques. A l’origine USAID se rattache au Plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe. Par la suite elle est devenue une agence pour l’aide au développement. C’est une agence dépendante du Ministère des affaires étrangères pour appuyer la politique américaine d’infiltration dans le monde, à hauteur de 0,005% du budget des USA. Quant à son action en Tunisie, cette agence aurait consacré soixante millions de dinars tunisiens dont sept millions pour les besoins de l’intérieur du pays (Sidi Bouzid, Gafsa, Medenine et Tataouine). Le directeur de cette agence avait effectué une visite inopinée et sans publicité au pays en 2011. Au cours de cette visite, il avait pris contact avec les partis, les responsables des ONG, le gouvernement et les responsables des régions et en faveur de l’investissement privé des jeunes promoteurs. Cette délégation a cherché l’appui de partis modérés selon les critères américains, loin des causes arabes, pour la reconnaissance d’Israël et en même temps à l’encontre de la résistance palestinienne.

Ce qui est grave dans cette aide c’est qu’elle finance les soi-disant écoles de citoyenneté dans l’ensemble du pays, sous forme de clubs politisés (pro-USA) basés sur une sélection de candidats depuis le jeune âge en fonction de la promotion des futurs cadres politiques du pays. La visite de cette délégation a été particulièrement orientée vers l’appui du ministère de l’enseignement supérieur en vue d’un accord conforme aux objectifs de cette agence américaine. Un certain nombre de bourses d’études ont été offerts aux USA tel que ceux de la Fulbright Programme en fonction du dévouement des candidats pour servir les USA sur le plan de l’information et l’espionnage.

Depuis son activité en Tunisie à la suite de l’insurrection, l’USAID a développé un grand nombre d’activités auprès de plusieurs réseaux sur le plan urbain et régional en vue de créer plusieurs sortes d’associations en contact avec un responsable de l’agence. L’objectif est de créer une large base de données en rapport avec l’ensemble de la société tunisienne. En apparence, ce serait pour faciliter la transition démocratique du pays selon le modèle américain, spécialement dans les gouvernorats proches de la frontière libyenne à Gabès, Médenine, où des jeunes ont effectué plusieurs stages. Parmi ces associations, Madame Mohiba Chaker animatrice de la société de la citoyenneté, a envoyé des SMS pour recruter des participants à la conférence au service de la société civile. Toutefois, Madame Chaker a dénoncé le caractère d’infiltration et d’information de l’USAID et des sommes monétaires qu’elle dispense à des associations à Tunis ville et en province sous prétexte d’apprendre les principes démocratiques et la gestion des sociétés à Sidi Bouzid où des formations ont eu lieu. Le Dr. Aref Azizi a déclaré que derrière l’USAID se cache la CIA. Ces déclarations ont fait échouer cette conférence et le retrait des participants.

Cependant, une partie de ces financements a été attribuée au gouvernement de Ennahdha. Un bureau US spécialisé dans l’élaboration de projets de coopération s’est mis au service de la chambre de commerce de Sfax pour la création d’un pôle de technologie, informatique et multimédia. Ceci est une preuve de l’infiltration en profondeur au sein de secteurs vitaux du pays.

[En résumé, et selon les révélations des documents de l’ambassade américaine à Tunis par Wikileaks] :
Radwane Masmoudi tunisien installé à Washington directeur de l’agence CSID, a organisé pour le compte de Hamadi Jbali au lendemain de l’insurrection une rencontre avec des responsables du gouvernement américain lesquels ont insisté pour l’adoption du modèle israélien (association des forces laïques et religieuses) sous protection américaine en vue d’une coalition stratégique entre les USA et la Tunisie. Cet engagement fut signé par le Président Provisoire de la République Tunisienne, Moncef Marzouki et Loutfi Zitoun, attaché de presse et conseiller de Hamadi Jbali. Ce qui en d’autres termes fut nommé « l’Islam politique modéré ».

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* Document signalé par Sin tregua.

Ces révélations ont été diffusées par Wikileaks. Source : Site le 4 avril 2011. Voir aussi : [...] http://tunisitri.wordpress.com/2011/06/18/wikileaks-ennahdha-pdp-ettajdid-afd-et-les-americains/

[...] Wikileaks : Tunisie : Ennahdha, PDP, Ettajdid, AFD et les américains | Newslibres.com

[Article publié en Arabe par Institut Tunisien des Relations Internationales –ITRI.

Traduction de l’Arabe au Français, libre et parfois approximative par Abdelwahab Cherif]