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Les travailleurs du transport urbain et suburbain d’Alger (Etusa) sont en grève depuis lundi

mercredi 13 novembre 2013, par Alger republicain

Ils entendent protester contre les deux coups de force qui leur ont été portés de façon scélérate et concertée par la direction de l’entreprise et les responsables de l’UGTA d’Alger.

Le premier coup de force est la décision unilatérale, et sans information préalable, de la direction de l’Etusa de reculer le versement de leurs salaires du 28 de chaque mois au 10 du mois suivant. Les responsables de l’entreprise veulent visiblement gagner 11 à 12 jours de salaires sur le dos des travailleurs qui ont déjà du mal à boucler leur fin de mois. Un véritable vol à la tire qui permet de réduire la masse salariale annuelle de 3%, à un moment où l’inflation sur les produits alimentaires a fait chuter leur pouvoir d’achat. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Le deuxième coup de force est celui que l’Union de Wilaya d’Alger, habituée à poignarder dans le dos les syndicalistes dignes de ce nom, a manigancé contre eux en décidant de dissoudre arbitrairement le bureau de leur syndicat.

Ce qui les a amenés à exiger le départ du directeur de l’Etusa qui n’a pas donné suite à " leurs revendications restées en suspens depuis plusieurs années. Il s’agit, entre autres, de l’augmentation du salaire de base calculé actuellement à 14 000 dinars et des rappels de salaires à compter de 2008" (selon Le Soir d’Algérie du 12 novembre). Rappelons que le salaire minimum garanti est de 18 000 DA.

En fait, le vrai problème est que les responsables étatiques ne veulent pas vraiment lancer une politique sérieuse des transports publics qui fait contribuer les patrons et l’Etat à leur financement dans le cadre du lancement d’un véritable plan de développement de transports publics digne d’une grande capitale. Une politique qui devrait redonner leur dignité aux travailleurs de ce secteur en commençant par une sérieuse revalorisation de leurs salaires. Les subventions accordées à l’Etusa ne sont pas à la hauteur des besoins. Les responsables de l’entreprise qui acceptent d’endosser cette situation pour préserver leurs postes deviennent les boucs émissaires de cette politique d’abandon des services publics.

Quand les travailleurs de l’Etusa font grève, les autorités s’agitent dans tous les sens pour inciter les transporteurs privés à occuper en toute illégalité les circuits de l’entreprise publique afin de briser l’action de ses employés. Or ces mêmes transporteurs privés fraudent le fisc en toute impunité et, pour la plupart, emploient des travailleurs non déclarés à la sécurité sociale. Les autorités ferment les yeux sur ces pratiques hors-la-loi. La richesse de certains transporteurs privés sans scrupules est une insulte à l’état de pauvreté extrême auquel les travailleurs de l’Etusa ont été réduits depuis plus de 25 ans.

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Khaled Safi