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Ouyahia : « Nous ne sommes pas en guerre avec le FLN » … et avec les masses laborieuses ?

mercredi 24 février 2016, par Alger républicain

Au cours du meeting qu’il vient de tenir à Skikda, Ahmed Ouyahia, le responsable du RND a déclaré que son parti n’est pas en guerre avec le FLN. Comme dans une déclaration de grand attachement et de fidélité à son bon ami responsable de l’ex-parti unique, il a précisé ses pensées :

« Je salue fraternellement Amar Saadani (le secrétaire général de son parti "rival". Rival mais pas trop, tout de même !) Le FLN est notre principal allié politique et il le restera ... Ceux qui ont exploité le printemps arabe sont toujours là à vouloir trouver d’autres fissures par lesquelles ils passeraient. Ces gens-là espèrent une guerre entre le RND et le FLN. Ils veulent que je réponde à Amar Saadani et au FL N. »

Il faut bien le reconnaître avec lui, ils ne sont pas réellement frères ennemis puisque tous deux sont dévoués à la même cause, celle qui favorise l’accumulation d’argent, en devises ou en dinars, celle du capitalisme, celle des bourgeois qui se sont enrichis à la vitesse de l’éclair.

Il a également ajouté, toujours sans gêne « le RND n’est pas né avec des moustaches… mais plutôt avec une kalachnikov pour défendre ce pays dans les pires moments de son histoire. Ce parti sera toujours là pour défendre l’Algérie. »

De quelle Algérie parle-t-il, probablement celle de la bourgeoisie ? Mais il se garde bien de le préciser !
De plus, il considère que le principal défi de notre pays est la stabilité. C’est-à-dire la sauvegarde des intérêts de cette bourgeoisie dont il se fait le fervent défenseur. Il affirme encore sans s’embarrasser de scrupules « Si notre pays a retrouvé la paix c’est grâce à la politique de concorde et de réconciliation nationale » Que sont devenus les responsables du Fis et des autres mouvances islamistes ? Là non plus pas un mot, oubliant que ceux-ci sont maintenant engagés dans les affaires après avoir été généreusement blanchis et que leurs affaires sont florissantes.

Pour être complets écoutons-le encore un peu à la suite des propos élogieux qu’il délivre à Bouteflika. Pour lui l’autre danger qui guette le pays est économique. Tiens, quelle découverte ! Vraiment la mémoire nous fait défaut. Comment avons-nous pu oublier cet aspect de la situation ? N’a-t-il pas été trois fois chef de gouvernement ? N’avait-il pas fait en ces temps tous les efforts nécessaires pour éviter la fuite de capitaux à l’étranger… ou dans les poches des gros bourgeois. N’a-t-il pas fait en son temps le nécessaire pour éviter la crise financière ? N’a-t-il pas ouvert les vannes pour développer et augmenter les investissements dans l’industrie nationale ? Ce serait réellement ingrat et lui faire injure que de ne pas prendre en considération tous ses efforts faits dans cette direction !

Il a aussi osé, courageusement, assurer : « Si le printemps arabe est passé, son virus est toujours là », On ne sait pas trop qu’elle est la nature de ce qu’il nomme virus. Est-ce la colère des peuples qui s’insurgent contre les régimes dictatoriaux qui les contraignent à vivre dans la misère. On n’aura pas de réponse, mais on peut présumer de ce qu’il pense.

A l’instar des appels lancés par les pouvoirs des autres Etats capitalistes, il demande des efforts de solidarité à tout le monde. Sans distinction ! Si ce n’est pas se moquer des masses laborieuses qui suent déjà le burnous, qu’est-ce donc ? Les travailleurs savent bien que la seule solution pour sortir de cette situation, c’est la disparition de ce régime et son remplacement par un système réellement socialiste, un système qui permet l’épanouissement de tous !

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Abdelkader Hamidou

22.02.16