Déclaration du PADS pour le 1er mai 2018

mardi 1er mai 2018
par  Alger républicain

PARTI ALGÉRIEN POUR LAMOCRATIE ET LE SOCIALISME

1er Mai 2018 : Unité et solidarité internationale dans les luttes de la classe ouvrière et des peuples contre l’exploitation capitaliste et les ingérences impérialistes

La situation de la classe ouvrière, de l’ensemble des salariés et des couches sociales populaires, des paysans pauvres, des petits artisans, des jeunes, des chômeurs, se détériore sous les coups des mesures d’austérité prises par le pouvoir sous le prétexte fallacieux de faire face à la réduction des recettes fiscales de l’Etat provoquées par la baisse du prix du pétrole. Le prix des biens de consommation fondamentaux, du gaz et de l’électricité, les tarifs pratiqués par les médecins privés ne cessent d’augmenter pendant que le salaires sont bloqués depuis plusieurs années. Le salaire minimum n’a pas bougé depuis 2011. D’innombrables travailleurs non déclarés du secteur privé perçoivent un salaire inférieur à ce minimum.

La vérité est que c’est le régime, émanation et représentant des intérêts de la grosse bourgeoisie, qui est à l’origine de la paupérisation des masses populaires et non cette crise. Par sa politique d’octroi d’avantages fiscaux multiples, appuyée sur un système fiscal scandaleusement injuste qui, à revenus équivalents, frappe plus fortement les salaires que les profits des capitalistes, par ses aides financières directes ou indirectes aux classes exploiteuses et parasitaires, sa complaisance avec la gigantesque fraude fiscale de celles-ci, le régime a déséquilibré dans d’alarmantes proportions le budget étatique. Il a par tous ces cadeaux incité à l’importation massive de biens de consommation superflus pour assouvir les appétits voraces de ces classes. Ce n’est pas la baisse du prix du pétrole qui est la cause de la crise financière du pays. Cette baisse était prévisible. C’est cette politique de classe qui a vidé les caisses de l’Etat en dinars et en devises, bloqué une industrialisation véritable du pays. Elle a seulement favorisé des investissements de montage, d’ensachage et d’assemblage. Des investissements dépendant complètement des importations surfacturées et servant de couverture à une gigantesque fuite des capitaux .

De concert avec l’offensive à l’échelle mondiale de la grosse bourgeoisie monopoliste contre les acquis sociaux de la classe ouvrière internationale pour tenter de surmonter la crise de suraccumulation des capitaux et hausser ses taux de profit, le régime bourgeois algérien prépare de son côté une nouvelle série de lois et de mesures contre les droits et acquis fondamentaux des travailleurs. Il peaufine sa politique ouverte ou rampante de bradage des secteurs les plus juteux de l’économie - hydrocarbures, Sonelgaz, transport aérien, eau, et même les espaces de loisir, etc. - tout en jurant hypocritement que son souci est de protéger les classes populaires.

La santé n’échappe pas à ce plan. Après avoir savamment désorganisé les structures hospitalo-universitaires pour les discréditer il s’attelle à placer la santé des citoyens sous la coupe du secteur privé. La refonte de la loi sur la santé va être adoptée par quelques dizaines de députés, sans aucun débat public. Elle liquide le secteur public en tant que fondement du système de santé. Les hôpitaux seront transformés en lieux de soin au rabais pour le peuple et en centres de tri et de rabattage des malades fortunés vers les cliniques privées généreusement financées par les banques publiques et aux mains de gros rapaces liés au régime.

Les quelques articles du code du travail qui ont échappé au travail de sape des « réformateurs » depuis 1988 vont être révisés. Cette opération vise à ramener le travailleur à l’état d’esclave jetable et sans droits, à la merci totale du patron. Les syndicats autonomes qui tentent d’échapper à la mainmise du pouvoir sont en voie d’interdiction bien que leur ligne soit celle de syndicats corporatistes et réformistes ne présentant aucun danger sérieux pour les intérêts de la bourgeoisie. Réprimant les grèves et la moindre manifestation de mécontentement, interdisant les marches du 1er mai, le gouvernement est décidé à les balayer. Avec une UGTA à ses bottes, il veut régenter la vie des travailleurs, étouffer dans l’œuf la lutte du Travail contre le Capital. C’est cela le véritable sens du « climat des affaires » que le pouvoir a inscrit dans sa dernière révision constitutionnelle afin de satisfaire la course au profit de la bourgeoisie interne et du capital international. Tous les deux sont étroitement alliés pour écraser la classe ouvrière et piller les ressources de la nation.

Les communistes algériens appellent la classe ouvrière à s’organiser et à unir ses rangs pour défendre ses conquêtes sociales, renforcer sa résistance et ses luttes contre les nouveaux plans d’asservissement et de paupérisation que concocte le régime au service du capital monopoliste interne et externe.

Ils appellent les travailleurs à s’organiser dans des syndicats de classe indépendants de l’idéologie bourgeoise et du réformisme social-démocrate, collaborant avec les exploiteurs pour maintenir les travailleurs sous leur joug. Ils les appellent à construire des syndicats qui lient la lutte pour les revendications économiques immédiates à la lutte pour le renversement du système capitaliste. Pour des organisations qui dépassent le corporatisme et luttent pour l’amélioration et le développement des services publics, Ecole, Santé, transports, etc., vitaux pour la satisfaction des besoins des travailleurs. Qui luttent contre le sabotage de ces services par les tenants de la privatisation.
Ils les appellent à renforcer leurs liens internationalistes de solidarité avec tous les détachements de la classe ouvrière dans le monde par leur adhésion et leur apport au renforcement de la Fédération Syndicale Mondiale, organisation de coordination de la lutte de classe de tous les travailleurs contre l’exploitation capitaliste, les ingérences impérialistes, pour une société débarrassée de l’exploitation.

Travailleurs algériens,
la plus grande vigilance est de mise contre les manœuvres et les manipulations de la bourgeoisie et de l’impérialisme. Faites échouer les diversions organisées par les courants obscurantistes qui tentent de braquer votre attention sur des questions pseudo religieuses au moment où votre ennemi de classe commun intensifie ses attaques antiouvrières. Ne tombez pas dans les divisions à caractère régionaliste, linguistique ou identitariste. L’avant-garde consciente de la classe ouvrière reconnaît et se bat pour le droit de parler, d’écrire et de promouvoir les arts et la culture dans sa langue maternelle. En même temps elle met en garde les travailleurs contre leurs manipulations par des groupes séparatistes et les courants arabistes chauvins. Les séparatistes inscrivent leur activité dans les agendas des puissances l’impérialisme. Ils cherchent à désintégrer l’unité du territoire, à pousser à des affrontements violents pour faire éclater le pays et casser votre unité et vos capacités de mobilisation face aux plans de vos ennemis de classe, quelles que soient leurs langues, leurs religions et leurs régions. Les uns et les autres tentent de détourner votre attention de leurs plans pour vous asservir. Vigilance à l’égard des puissances impérialistes française et américaine. Elles intriguent activement en s’appuyant sur leurs hommes de main pour prendre le contrôle des régions pétrolières algériennes. C’est le but inavoué de leurs opérations militaires au Sahel à proximité des frontières de l’Algérie sous couvert de « lutte antiterroriste » dans le cadre du G5 ou de l’Africom.

La défense de l’unité du territoire du pays face aux plans de morcèlement à l’œuvre en Libye en Syrie et en Irak passe par la constitution d’un front dont la base est l’alliance de la classe ouvrière, la paysannerie pauvre, les couches sociales qui vivent du fruit de leur travail.

A l’occasion de cette journée de luttes du prolétariat international, la classe ouvrière algérienne salue les luttes de ses camarades dans les autres pays. Elle exprime sa solidarité aux cheminots et aux étudiants français en lutte contre l’offensive de l’oligarchie capitaliste menée par Macron, aux travailleurs grecs qui ont mis en échec la réforme réactionnaire de l’exercice du droit syndical, à tous ceux qui résistent aux attaques des capitalistes.

Elle exprime sa solidarité avec le peuple palestinien martyrisé par l’Etat sioniste colonisateur, avec les peuples victimes des interventions militaires et des ingérences impérialistes en Syrie, Irak, Libye, Yémen, Ukraine, avec les travailleurs du Venezuela qui combattent le sabotage économique organisé par la bourgeoisie inféodée aux USA, avec le peuple sahraoui dans sa lutte pour l’indépendance, avec le peuple cubain pour la levée de l’embargo criminel US qui le frappe depuis 68 ans, avec le peuple de la Corée populaire victime lui aussi d’un embargo depuis des décennies, etc.

Les communistes algériens appellent les travailleurs à lutter pour la paix, pour le démantèlement de toutes les armes nucléaires, à commencer par l’arsenal des grandes puissances. Cette lutte est indissolublement liée à la lutte pour le renversement du capitalisme source de guerres pour le repartage du monde et le contrôle monopoliste de ses ressources énergétiques.

Les communistes algériens réaffirment la nécessité d’un parti révolutionnaire armé de la théorie marxiste-léniniste et agissant pour le rassemblement de l’avant-garde consciente de la classe ouvrière afin d’entraîner l’ensemble des classes laborieuses dans le combat pour le socialisme, pour l’abolition du capitalisme.

Vive l’internationalisme prolétarien !

30 avril 2018



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