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Révolution Zendj de Tariq Teguia Un très beau film, un grand film

samedi 28 mars 2015, par Alger républicain


Révolution Zendj par previewnet

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Bande annonce du film de Tariq Teguia : Révolution Zendj

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Tariq Teguia, un cinéaste algérien plein de talent et d’intelligence dont la sensibilité le propulse en poète dans l’espace et le temps. Dans un désir de reconstruction, il se dresse contre l’étroitesse des chemins obscurs qui prennent en otage les conjugaisons du devenir.

Ce film de Tariq Teguia est à voir, absolument. Il nous restitue une part de nous mêmes.

Ci-dessous, un dossier sur Tariq Teguia dont :

 Une interview avec Mohamed Ali Allalou sur Chouf chouf.
 Un article : "De la renaissance des lucioles... dans le chaos du monde" de Dominique Widemann dans l’Humanité.

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Ali Sayad

Alger républicain

Le 28 mars 2015

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De la renaissance des lucioles... dans le chaos du monde

Révolution Zendj, de Tariq Teguia. Algérie, France, 2 heures. Critique. La caméra de Tariq Teguia n’a pas pour vocation de remettre de l’ordre dans le monde, mais saisit sur le vif ses désordres et les espoirs qui vont avec. Pour lui, politique et désir sont indissociables.

Ibn Battuta (Fethi Ghares), journaliste algérien, couvre des affrontements communautaires dans le sud de son pays. Sous les fumigènes, un jeune l’interpelle, « tu nous prends pour des Zendj ? ». L’expression va déclencher chez Ibn l’une de ces nécessités de mise en marche propres aux personnages des films de Tariq Teguia.

Les Zendj sont des esclaves noirs du IXe siècle dont la révolte fut matée dans le sang par le califat abbasside. À Athènes, d’autres jeunes inscrivent sur les façades « Nous désirons sans fin ». De ces strates d’histoires et de leurs réactivations vont se dessiner des itinéraires à pas incertains. Ils conduiront Ibn à quêter revenants et relances des révolutions en autant de points de rencontre et de cristallisations, jusqu’en Irak où d’entreprenants Américains prétendent faire ventre de leur conquête.

De son côté, Nahla, une jeune Palestinienne fille de militants réfugiés en Grèce, part à la recherche de ses racines. Leurs routes se croiseront au point nodal des révolutions du monde, au travers de leurs espaces et des strates historiques. À Beyrouth, jadis Babylone de ces bouillonnements, où se joueront d’autres jeux d’ombre et d’éclats de clarté entre Ibn et Nahla, entre eux et de jeunes Palestiniens enclavés dans les ruines du camp de Chatila. Lieu et non-lieu de départ vers d’autres points cardinaux. Pour Nahla, des points de fuite vers de nouveaux confins. Ibn, suivant le Tigre, rencontrera la lueur des flammes révolutionnaires, leurs brandons vivants. Les lucioles, dont Pasolini déplorait la disparition, renaîtraient-elles ?

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D. W.

Mercredi, 11 Mars, 2015

L’Humanité

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Interview de Tariq Teguia sur Chouf chouf par Mohamed Ali Allalou :