Thakhoukt et Etusa

samedi 8 août 2009
par  Alger républicain

Toutes les occasions sont bonnes pour remplir les caisses des entreprises privées liées aux grosses légumes du pouvoir.
Le transport des artistes et délégués au Panaf 2009 (Festival panafricain) a permis d’offrir un marché juteux à l’entreprise Tahkout, une grosse société privée qui détient le monopole du transport des étudiants depuis que ce secteur a été privatisé. Gorgée des crédits à bon marché des banques publiques, exonérée durant des années de tout impôt, comme toute nouvelle entreprise privée au titre de “l’investissement”, cette société dispose d’une flottille de plusieurs centaines de bus. Elle jouit d’un marché garanti par l’État et absolument sans risque.

L’État lui paye rubis sur l’ongle la moindre prestation, contrairement aux entreprises publiques qui attendent souvent des années pour recevoir leur dû, quand elles sont payées.

Le syndicat des travailleurs de l’Etusa - entreprise de transport de la Wilaya d’Alger- a dénoncé les privilèges que les autorités ont une fois de plus accordés à l’entreprise Tahkout. En 2001 elle avait déjà bénéficié du monopole du transport des délégués au Festival mondial de la Jeunesse. A Tahkout les “marchés juteux”. A l’Etusa les lignes et les horaires générateurs de pertes sèches “sans indemnités de sujétion ni subvention”.

Le syndicat des travailleurs considère que l’Etusa subit des préjudices causés par la politique de “deux poids, deux mesures” des autorités « qui ont contraint l’entreprise à renforcer ses lignes très tard dans la nuit à l’occasion de la tenue du Panaf 2009, alors que les marchés juteux ont été attribués aux concurrents privés … Il s’agit notamment des prestations de transport pendant le Panaf 2009, confiées à des opérateurs privés au moment où notre entreprise a été, encore une fois, contrainte par les autorités à renforcer ses lignes très tard dans la nuit. La direction générale a mis en place 20 autobus supplémentaires pour le réseau qui, assez souvent, circule vide le soir où sert à nos chômeurs pour se déplacer à Alger … » (Le Soir d’Algérie, 12 juillet 2009).

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Khaled Safi


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