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Turquie : Le film des protestations au Park Gezy Taksim

mercredi 5 juin 2013

Les protestations à Istanbul ont débuté quand les engins de construction sont entrés au Parc Gezy Taksim le mardi 28 mai, afin de détruire le parc et préparer un espace pour la construction d’un centre commercial. Des militants d’Istanbul ont refusé la destruction du parc, le seul espace vert ouvert au public près de Taksim. Les militants ont refusé de quitter le parc et ont commencé leurs manifestations pacifiques. Cependant, la police a attaqué les militants et a utilisé les gaz lacrymogènes. L’activité des engins de construction a été arrêtée et les gens sont demeurés dans le parc afin d’empêcher qu’elle reprenne. Les manifestations se sont poursuivies le mercredi, pacifiquement.

La police s’est attaquée à la population qui attendait dans le parc, jeudi à l’aube vers 5 heures du matin.

Les tentes appartenant aux protestataires ont été incendiées par la police. La population fut contrainte de quitter le parc, à cause de la propagation intense des gaz lacrymogènes. Cette attaque cruelle a suscité une réaction de la population vivant à Istanbul et des milliers de personnes se sont rassemblées la nuit du jeudi au Parc Gezi Taksim. La population ne protestait pas seulement contre le projet d’un centre commercial, mais aussi contre la violence de la police envers les manifestations pacifiques du peuple. La violence policière s’est accrue particulièrement à la demande de l’AKP, et les protestations se sont transformées en visant le gouvernement.

Le matin du vendredi 31 mai, quand la police a attaqué à nouveau la population qui attendait dans le parc en utilisant des gaz et des jets d’eau pressurisée, plusieurs personnes, principalement des jeunes, se sont rendues ensemble au Square Taksim. La police transforma en un champ de bataille le Square Taksim. La police alluma même des capsules de gaz à la station de métro Taksim. De nombreuses personnes, y compris des journalistes, ont été blessées. Les ambulances ont été interdites par la police. A 10 heures du matin la police s’est attaquée à une déclaration publique des syndicats au Square Taksim. Les gens furent chassés du Parc et du Square Taksim par la violence. Toutefois, malgré les attaques de la police, les gens continuaient à affluer près de Taksim pour protester contre la violence policière. Les protestataires réclamaient la démission du premier ministre et du gouvernement. La police a utilisé des milliers de capsules de gaz lacrymogène, pour atteindre directement les visages des personnes. Plusieurs personnes ont été blessés, et ont subi un traumatisme crânien. Les protestations se sont poursuivies pendant des heures jusque tard dans la nuit.

A la fin de la semaine, les protestations se sont intensifiées et la police a accru sa violence contre ces protestations. Trois grandes villes, Istanbul, Ankara et Izmir ont été les témoins de grandes manifestations, au cours desquelles les gens se réorganisaient après chaque attaque violente de la police. D’autres villes, y compris Bursa, Kocaeli, Edirne, Samsun, Hatay, Adana, Antalya, etc., ont suivi les grandes villes. En aucun cas les manifestants n’ont recouru à la violence, si ce n’est pour se défendre eux-mêmes. Les manifestants dans les grandes villes ont été terrorisés par les forces de police, qui ont utilisé des gaz lacrymogène lourds qui ont produit des crises et des problèmes respiratoires, des blessures quand les personnes étaient visées directement.

Le 1er juin, des milliers de personnes, venues de tous les coins de la ville, affluèrent au Square Taksim. La police les attaqua d’abord en utilisant des gaz lacrymogènes, ensuite elle quitta le square. Les masses crièrent leur revendication pour la démission du gouvernement et la sanction pour la violence de la police. Les masses sont retournées au Parc Gezi Taksim pour le garder à tour de rôle. Toutefois, certaines personnes qui ont quitté le square et qui sont allées à Besiktas, un quartier proche, ont été pris au piège par les forces de police et ont été attaquées par des gaz lacrymogènes. Les gaz utilisés par la police ont eu un effet sérieux, en produisant des vomissements chez les personnes et des blessures chimiques sur leur peau. Les gens à Besiktas ont été violemment blessés.

Dans la nuit, les manifestations se sont poursuivies dans chaque district d’Istanbul, pendant des heures, bien tard dans la nuit.

Le 2 juin, une manifestation pacifique et un concert ont eu lieu au Square Taksim, au cours desquels les gens ont demandé la démission du gouvernement. La cruauté à Ankara et dans d’autres villes a été condamnée. Certaines personnes ont été laissées au Parc Gezy Taksim pour poursuivre la manifestation et des personnes ont quitté leurs demeures pour les rejoindre. Une fois encore, après la fin de cette manifestation, les gens ont été attaqués à Besitkas par la police. Dans la soirée, des manifestations ont été organisées à nouveau dans chaque district d’Istanbul ; un torrent de manifestants a défilé dans les principales artères de la ville. A Ümraniye, un taxi s’est rué sur les masses et a tué un manifestant, âgé de 20 ans.

A Besiktas, les attaques de la police se sont poursuivies toute la nuit. Des vidéos montrent les gaz lacrymogènes lancés dans les demeures des personnes

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Ankara est l’une des villes de la cruauté de la police. Dans plusieurs districts de la ville, les masses se sont rassemblées pour protester contre la violence policière et demander la démission du gouvernement, le 1er et le 2 juin. Le square central de la ville, Kizilay Square a été rempli de monde, qui a été cruellement attaqué par la police qui utilisa avec intensité les gaz lacrymogènes. Plusieurs personnes ont été blessés directement par ces gaz de la police. Le 1er juin, un homme a perdu un oeil, en raison de l’utilisation d’une capsule de gaz dirigée directement sur son oeil.

Les personnes blessées sont prises en charge par des médecins volontaires dans les locaux des syndicats, des organisations non-gouvernementales et des partis politiques. Néanmoins, ces locaux sont attaqués par la police.

A Izmir, les manifestations ont été attaquées par la police. Plusieurs personnes sont encore actuellement en garde à vue. Une vidéo montre la police chassant des jeunes gens assis au bord de la mer.

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Les protestations et les attaques de la police ont continué tard dans la nuit. La police a poursuivi les personnes qui quittaient les manifestations pour rejoindre leurs domiciles et les ont frappées dans des lieux isolés. Il a été déclaré que des membres de l’AKP, le parti au gouvernement, ont poursuivi des manifestants jusqu’à leurs demeures en les violentant.

Durant les événements sérieux, des membres et des locaux du Parti communiste de Turquie (TKP) ont été ciblés par les forces de police à plusieurs reprises. Le 2 juin, le siège central du Parti communiste de Turquie (PCT) à Ankara, et le Centre Culturel Nazim Hikmet dans le jardin proche de ce siège ont été attaqués par la police. Le Centre Culturel a été utilisé comme infirmerie pour les personnes blessées par les attaques de la police à Ankara ; et la police s’est attaqué aux blessés et aux médecins volontaires de ce local en utilisant des gaz lacrymogènes. Certaines personnes ont été mises en garde à vue. Le siège du parti a été aussi attaqué et détruit ; mais les membres du Parti communiste de Turquie (PCT) ont réussi à repousser les attaquants. Les personnes en garde à vue ont été emprisonnés et elles n’ont pas le droit d’entrer en contact avec leurs avocats.

Le 2 juin, à nouveau à Iskenderun , Hatay, un véhicule transportant 5 membres du PCT a été attaqué par la police avec des canons. Le véhicule a sombré dans un canal d’eau alors que les occupants essayaient d’échapper à la police. Les membres du TKP on été blessés. ; l’un d’eux est sérieusement blessé et subit des soins intensifs. Des membres du PCT à Adana ont aussi été attaqués par la police, qui les a menacés avec des canons.

Aujourd’hui, lundi 3 juin, les manifestations s’étendent aux universités et aux écoles supérieures. Plusieurs étudiants ont boycotté leurs cours et leur examen final, pas seulement à Istanbul, mais aussi à Ankara, Izmir, Kocaeli, Bursa et d’autres villes. Le Square Taksim est encore rempli de manifestants, particulièrement des étudiants. Les manifestations et les attaques de la police se poursuivent à Ankara.