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Une longue maladie a fini par venir à bout de...

dimanche 23 avril 2023, par Alger republicain

Une longue maladie a fini par venir à bout de sa résistance.
Membre fondateur de la première heure du Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, notre regretté Djamal en était un militant fidèle et très actif. Très apprécié tant par ses camarades que par les sympathisants et les amis de son parti pour sa simplicité et sa gentillesse, il n’en était pas moins d’une fermeté exemplaire quand il s’agissait de défendre les principes qui le guidaient depuis sa prime jeunesse dans son engagement pour le renversement de la domination capitaliste. Emigré très jeune en France, c’est avec une conviction et une détermination inébranlables qu’il apportait sa contribution à l’union des prolétaires algériens, français ou de toute autre nationalité, dans ce combat pour l’émancipation commune. Son internationalisme résultait de son adhésion réfléchie et profonde au mot d’ordre des communistes du monde entier « Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés unissez-vous ! ».

La victoire de la contre-révolution en URSS, est un drame pour tous les hommes et femmes épris de justice et d’égalité et de paix. Mais Djamal n’a pas sombré dans le défaitisme devant les insanités déversées par toute la faune putride des valets de la bourgeoisie mondiale ni non plus face à tous ces opportunistes et carriéristes qui ont miné et défiguré les nobles idées des communistes. Djamal était d’un caractère d’acier. Il n’était pas de ceux qui s’étaient rendus à l’ennemi mondial des exploités. Il est resté ferme sur ses idées communistes et n’a pas jeté son drapeau à la poubelle.

Pour Djamal l’heure était de lier encore plus fortement que jamais la réflexion collective critique et auto-critique sur l’élucidation des causes des succès de la contre-révolution à la résistance quotidienne, pied à pied, à l’offensive de la bourgeoise mondiale de « détricotage » des conquêtes sociales de la classe ouvrière. Il faut repousser la vague opportuniste et défaitiste, garder le cap sans relâche face aux attaques des renégats, des éléments versatiles, des vils serviteurs des seigneurs de la société exploiteuse.
Agir avec persévérance et constance pour reprendre l’offensive, tout cela était assimilé et mis en oeuvre par Djamal et ses camarades. Tout cela se reflétait dans son assurance que ce n’était pas « la fin de l’histoire » quoi qu’en disent les écrivaillons de la bourgeoisie.

Car il était de ceux qui ne dissociaient jamais les luttes politiques et idéologiques pour transformer le monde de l’accomplissement avec minutie des tâches militantes pratiques « terre à terre ». Sans cela la ligne générale de toute organisation communiste véritable ne serait que creuse phraséologie. Dans sa vie militante de tous les jours il a été l’incarnation de cette liaison indissoluble.

Les sujets abordés dans les collectifs de son parti son naturellement et toujours très nombreux. Sur la situation des masses laborieuse du pays et les ingérences impérialistes sournoises qui les menacent, sur la part de l’émigration ouvrière algérienne en France dans les luttes prolétariennes, sur la situation internationale, sur la Palestine, sur les interventions militaires impérialistes dans le monde, sur l’Irak, sur Cuba, sur les terribles conséquences politiques et idéologiques de la contre-révolution en URSS et dans les autres pays socialistes, etc., sur toutes ces questions étroitement liées entre elles, le risque permanent est de transformer le parti en club de discussions interminables sans impact sur la réalité et la vie des travailleurs. Djamal défendait son point de vue et contribuait à étoffer les analyses et appréciations de son parti. Il veillait particulièrement à ce que les discussions indispensables pour l’éclairage collectif des activités des militants débouchent systématiquement sur les conclusions et les tâches pratiques.

Distribution du matériel de propagande, diffusion du Lien, organe central du PADS, versements réguliers des cotisations des militants, désignation des camarades chargés de représenter son parti aux rencontres des collectifs communistes marxistes-léninistes français, préparation de la participation à la fête de l’Humanité, etc., sont des tâches ingrates. Mais combien décisives dans la vie d’un parti communiste.
Les discussions étaient parfois houleuses mais sans plus, Djamel intervenait pour calmer les impatiences.

Lui-même donnait l’exemple en exposant ses appréciations et son point de vue sur le contenu des textes, en organisant et en suivant de près leur diffusion la plus large possible, en se démenant sans répit pour procurer les ressources nécessaires aux luttes de tous les jours. Il ne ratait aucune réunion quels que fût le jour ou l’heure de sa tenue. Il était là pour apporter sa pierre à la définition des tâches individuelles et collectives, préparer les assemblées, les fêtes de promotion du journal, sa diffusion et bien sûr sa vente dans les marchés et ailleurs. Beaucoup de monde assistait aux rassemblements organisés. Il se dépensait avec un bonheur lisible sur son visage lors de la préparation de la fête de l’Humanité. Jusqu’au bout il a participé à l’animation du stand de son parti, discutant avec les amis, expliquant sa ligne, collectant des abonnements. Djamal a été également responsable de la librairie pendant la fête. Il a rempli pendant plusieurs années cette tâche, sans rechigner.
Comme tous les autres camarades Djamal, en particulier, aimait l’atmosphère de la fête. Et comme eux il la finissait sur les genoux, exténué par la fatigue de sa préparation et de son animation matérielle et politique. C’était une fatigue qui les rendait plus forts.
C’était également pour lui le moment où l’on savourait avec délectation et joie le couscous délicieux préparé par les militantes et les militants, les sympathisantes et les sympathisants, ce couscous réputé qui attirait chaque année tant d’amis du parti.

Durant des années il a tenu le rythme imposé par les circonstances. Jusqu’au jour où il a senti qu’une maladie perfide s’attaquait à ses jambes. Mais il ne se laissera pas démoraliser par le diagnostic sans appel des médecins. Cette maladie rare et incurable va l’affaiblir et rendre sa vie de militant plus difficile. Djamal, comme le militant soviétique Nicolaï Ostrovsky, auteur du livre mémorable « Et l’acier fut trempé », ne se laissera pas abattre. Même en fauteuil roulant, il a poursuivi avec ténacité sa vie militante, tenant en particulier à continuer à occuper sa place dans le stand de la fête de l’Humanité.
Les camarades se sont adaptés à son handicap. Les réunions périodiques ont alors été transportées chez lui, d’où il continuait son combat en accomplissant sa part des tâches.

La maladie a fini par vaincre son endurance. Sa compagne l’a soutenu durant toutes ces années avec un courage exemplaire. Honneur à sa compagne et camarade qui est restée au côte de Djamal, jusqu’aux derniers instants de sa vie très dense !

Cher camarade Djamal, le parti n’oubliera jamais ses militants et surtout ce que tu lui as donné par ta fidélité et ton opiniâtreté. Il fait le serment de continuer les luttes que tu as menées ta vie durant pour réaliser nos buts. Buts inscrits dans la marche inexorable du monde vers une société sans exploitation, débarrassée de ses séquelles, les chauvinismes nationaux, le racisme, les haines religieuses et les guerres. En un mot vers des « lendemains qui chantent ».

Le PADS présente à sa compagne, à leurs enfants ainsi qu’à leurs proches, ses condoléances les plus attristées et leur souhaite beaucoup de courage en ces circonstances douloureuses.

* Texte repris du site web du Lien : http://lien-pads.over-blog.com/2023/04/hommage-a-notre-camarade-djamel-benai-qui-vient-de-nous-quitter.html