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L’OCS : un sommet au service des mirages capitalistes

Illusions multipolaires : un piège impérialiste pour les peuples opprimés.

mardi 9 septembre 2025, par Alger republicain

Le sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) a été présenté par les médias et les courants opportunistes comme une étape « historique ». Selon eux, l’impérialisme se réduirait à « l’empire » américain et ses alliés occidentaux, et il suffirait de miser sur l’ascension de nouvelles puissances capitalistes : Chine, Russie, Brésil, Inde pour briser l’hégémonie des États-Unis et des Occidentaux. Dans cette logique, les regroupements comme les BRICS, l’OCS, l’OTSC ou l’ALBA sont encensés comme des alternatives crédibles.
Mais il s’agit là d’une mystification. Ces alliances ne sont que des coalitions d’États capitalistes, armés de leurs propres intérêts économiques, militaires et politiques. Elles n’incarnent en rien une voie nouvelle pour les peuples opprimés.

Le mythe du « monde multipolaire »
Les tenants de cette vision présentent ces évolutions comme les prémices d’un « monde multipolaire » qui réformerait l’ONU, revitaliserait les institutions internationales et garantirait la paix mondiale. Ils affirment que le déclin relatif des États-Unis et la montée en puissance de la Chine, de la Russie ou du Brésil ouvriront une ère nouvelle de relations internationales « démocratisées ».
C’est un mirage. Les guerres et les conflits ne sont pas le fruit de la volonté de tel ou tel État, mais de la logique même du capitalisme : développement inégal, compétition acharnée entre monopoles, appétit insatiable pour les marchés, les ressources et les routes stratégiques. Tant que cette logique domine, les tensions et les guerres resteront inévitables.
Capitalisme et guerres : une mécanique inévitable
L’histoire est implacable. Les guerres impérialistes du XXe siècle, dont la Seconde Guerre mondiale, furent déclenchées au nom de « corriger » des déséquilibres ou d’« éviter de nouveaux conflits ». En réalité, elles furent les produits directs de la concurrence entre impérialismes rivaux.
Aujourd’hui encore, la compétition entre monopoles dans le contrôle des ressources naturelles mène aux interventions militaires, aux agressions locales ou globales. Les traités interétatiques, loin de stabiliser les relations, sont fragiles et toujours remis en cause par l’inégalité du développement capitaliste.
La fausse « gouvernance mondiale démocratique »
Pour habiller ce chaos, les sociaux-démocrates et les opportunistes agitent le slogan d’une « gouvernance mondiale démocratique ». Selon eux, le capitalisme impérialiste pourrait être réformé, pacifié et humanisé.
Mais cette rhétorique n’est qu’un leurre. Elle vise à désorienter la classe ouvrière, à la détourner de son ennemi véritable : le capitalisme. Elle entretient l’illusion qu’un système fondé sur les monopoles et l’exploitation des travailleurs pourrait devenir « pacifique » et servir les peuples.
Impérialisme : revenir à l’analyse de Lénine
Il est vital de rappeler la définition scientifique donnée par Lénine : l’impérialisme n’est pas une simple « politique étrangère agressive », ni le monopole exclusif des États-Unis. C’est la phase suprême du capitalisme, celle où dominent les monopoles et le capital financier.
À ce titre, la Russie reste une puissance impérialiste. La présenter comme une force « anti-impérialiste » est une erreur et une falsification idéologique dangereuse.
Illusions fatales pour le mouvement ouvrier
Les partis qui abandonnent l’analyse marxiste-léniniste de l’impérialisme piègent les travailleurs dans un faux dilemme : choisir entre l’impérialisme américain et ses concurrents. Les expériences en Syrie, en Ukraine et ailleurs le prouvent : l’intensification des rivalités impérialistes ne profite jamais aux peuples, elle ne fait qu’aggraver la guerre, la misère et l’oppression.
La seule voie : organisation révolutionnaire
Face à ces illusions multipolaires, il est urgent de renforcer l’indépendance politique de la classe ouvrière. Seule la construction de partis communistes forts de l’idéologie marxiste-léniniste, enracinés dans les luttes populaires et dotés d’une stratégie révolutionnaire claire, peut ouvrir une perspective aux masses.
La paix véritable ne viendra jamais d’un rééquilibrage entre puissances capitalistes, mais de l’abolition du capitalisme lui-même. Tant que l’impérialisme existera, les peuples n’auront devant eux que la guerre, l’exploitation et les faux espoirs.
C’est pourquoi la lutte pour le socialisme, guidée par une organisation révolutionnaire, reste la seule voie de sortie à la barbarie impérialiste.

Mehdi RAH