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Peine de mort contre les Palestiniens : quand la justice coloniale devient une arme de terreur

jeudi 2 avril 2026, par Alger republicain

Dans une nouvelle fuite en avant répressive, le parlement israélien, la Knesset, vient d’adopter une législation permettant l’application de la peine de mort contre des Palestiniens accusés d’« attaques terroristes ». Derrière la rhétorique sécuritaire dont se pare cette décision, se révèle en réalité la nature profonde du régime d’occupation : un système colonial qui transforme la loi en instrument de domination et de terreur.

Car il ne s’agit pas ici d’une simple mesure pénale. Il s’agit d’un pas supplémentaire dans l’institutionnalisation de la répression contre un peuple soumis depuis des décennies à l’occupation, à la colonisation et à la dépossession. En légalisant la peine de mort contre des Palestiniens jugés par des tribunaux d’exception, l’État israélien officialise une justice à deux vitesses qui repose sur une hiérarchie raciale et politique entre colonisateurs et colonisés.
Dans les territoires palestiniens occupés, deux systèmes juridiques coexistent en effet : l’un, civil et protecteur, réservé aux colons israéliens ; l’autre, militaire et arbitraire, imposé à la population palestinienne. Arrestations nocturnes, détentions administratives sans procès, condamnations sur la base de dossiers secrets : cette architecture juridique d’exception constitue l’un des piliers de l’ordre colonial.
L’introduction de la peine capitale dans un tel dispositif ne peut avoir qu’un seul objectif : terroriser une population et briser sa résistance. La justice devient alors non plus un instrument de droit, mais une arme politique au service d’une stratégie de domination.
Cette réalité s’inscrit dans un contexte de violence systématique. Bombardements, destructions d’infrastructures civiles, expansion continue des colonies, arrestations massives : les territoires palestiniens vivent au rythme d’une guerre permanente contre une population privée de ses droits fondamentaux et de sa souveraineté.
Pourtant, malgré ces faits, les grandes puissances occidentales continuent de présenter Israël comme la « seule démocratie du Moyen-Orient ». Une affirmation qui relève aujourd’hui de la pure fiction politique. Car comment parler de démocratie lorsque la loi elle-même organise la discrimination entre populations et légitime la répression d’un peuple placé sous occupation ?
Cette situation révèle également l’ampleur des complicités internationales. L’Union européenne, tout en multipliant les discours sur les droits humains, maintient avec Israël des relations économiques, technologiques et militaires étroites. Cette solidarité stratégique contribue de fait à garantir l’impunité d’un système d’occupation qui viole quotidiennement le droit international.
Une fois encore, la politique du deux poids, deux mesures apparaît au grand jour : certaines violations des droits humains sont dénoncées avec vigueur lorsqu’elles proviennent d’États considérés comme adversaires, mais deviennent soudainement tolérables lorsqu’elles émanent d’alliés intégrés au dispositif géopolitique occidental.
Mais l’histoire des luttes de libération nationale nous enseigne une vérité essentielle : la terreur coloniale n’a jamais réussi à étouffer l’aspiration des peuples à la liberté.
Durant la guerre de libération nationale algérienne, le pouvoir colonial français utilisa la guillotine contre de nombreux moudjahidines, espérant briser la révolution en frappant les combattants de l’indépendance. Cette politique de terreur n’a pourtant fait que renforcer la détermination du peuple algérien et accélérer l’isolement moral et politique du système colonial.
Aujourd’hui, la même illusion traverse les cercles dirigeants israéliens : croire que la répression, la prison et la menace de la mort pourront écraser la volonté d’un peuple en lutte pour sa terre, sa dignité et son indépendance.
Or l’histoire démontre le contraire. Aucun peuple n’a jamais renoncé à sa liberté sous la pression de la violence coloniale.
La lutte du peuple palestinien s’inscrit ainsi dans la longue histoire des combats anti-impérialistes et anticoloniaux qui ont marqué le XX siècle. Et comme hier pour l’Algérie, le Vietnam ou l’Afrique du Sud, elle trouve aujourd’hui un écho grandissant dans la conscience des peuples.
Partout dans le monde, des forces progressistes, des syndicats, des organisations de défense des droits humains et des mouvements populaires élèvent leur voix pour dénoncer l’occupation, l’apartheid et les crimes commis contre la population palestinienne.
Cette solidarité internationale n’est pas seulement un devoir moral : elle est une nécessité politique face à l’impunité dont bénéficie un système colonial soutenu par les grandes puissances impérialistes.
Car au-delà du drame palestinien, c’est une question universelle qui se pose : celle du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à résister à l’oppression.
Et l’histoire nous l’enseigne avec force : lorsque les peuples se lèvent pour leur liberté, aucune loi injuste, aucune prison, aucune machine de guerre ne peut arrêter la marche de l’histoire.

El Hadj Mohamed Brahim