Corruption et vols, L’Algérie pillée

samedi 8 août 2009
par  Alger républicain

On croyait que l’on connaissait toutes les ficelles avec l’affaire Khalifa. Souhaitons que nous en connaîtrons plus après la décision d’extradition du « banquier » par la justice britannique. On a chiffré le préjudice subi à trois ou cinq milliards de dollars.
Les affaires d’Abderrahmane Achour : 21 milliards de DA dilapidés au préjudice de la BNA, ou celle des traites avalisées de la BCIA, pour un montant de 15 milliards de DA de dommages et intérêts pour la BEA. Mais cette banque n’a pu récupérer que 2 milliards de DA. Elle a provisionné 62 milliards de DA pour des créances détenues sur le secteur privé, irrécouvrables ou non performantes ou douteuses (langage des banquiers). Où passe cet argent ? Il ne s’est pas volatilisé ? Il a enrichi qui ?

Récemment encore, le tribunal de Blida a prononcé la mise en faillite de Tonic Emballage qui avait une dette de 60 milliards de DA auprès de la BADR. L’affaire ne s’apparente pas aux affaires précédentes, mais une affaire où les vannes des crédits ont été largement ouvertes, sur intervention de gens très haut placées, au-delà des garanties que pouvait présenter l’entreprise et aussi de ses capacités de remboursement. Des voix se sont élevées du côté du patronat privé pour demander que Tonic Emballage soit préservé. Très bien. Mais pourquoi se sont-elles tues alors que cette société dépassait les limites financières ? Ou bien est-ce que des patrons sont tout simplement en train de se positionner pour l’ouverture du capital de Tonic ?

Mais qui va rembourser alors la BADR ? Ne va-t-on pas classer les créances dans la fameuse rubrique : « non performantes, douteuses, irrécouvrables », c’est-à-dire un transfert de biens déguisé !

Les valises et cabas pleins à craquer d’euros

Récemment a éclaté en France, - et non en Algérie ! - une affaire de blanchiment de l’argent de la drogue. On a fait état du transfert de 300 millions d’euros de l’Algérie vers la France et l’Espagne, au cours des deux dernières années. 20 personnes ont été arrêtées en France. Chez nous on n’était au courant de rien et pourtant l’argent partait d’Algérie vers la France pour l’achat de biens immobiliers. Les trafics n’auraient pas existé s’il n’y avait pas eu, dit-on, des complicités à grande échelle.
Il y a quelques mois, les autorités émiraties ont saisi les services des douanes algériennes pour les informer de nombreux cas de transferts de devises, de plus en plus importants dans des cabas par des Algériens en provenance de ports et aéroports !

Il y a mieux :

« saisis par leurs homologues espagnols, les services des douanes algériennes viennent de déposer plainte contre une centaine de personnes, dont des hommes d’affaires, des industriels et des commerçants, pour avoir transféré illégalement des devises à l’étranger. Les sommes déclarées dans les ports et aéroports ibériques ont atteint près de 900 millions d’euros en deux ans »

(El Watan du 2 juin)

Et chez nous on ne « savait » rien !

« Les montants transférés en espèces via les aéroports de Tlemcen, d’Oran et les ports d’Oran et de Ghazaouet descendent rarement en-dessous de la barre des 100 000 euros, et dépassent dans certains cas les millions d’euros ».
Tout simplement ahurissant, mais où étaient nos autorités ?

Le pillage de notre pays est sans limite, c’est une véritable mafia qui s’est installée et qui veut joindre la puissance de l’argent à la puissance politique, au pouvoir tout court !
Pour se faire encore une idée plus précise sur l’étendue du pillage que subissent notre pays et notre peuple, donnons la parole au directeur régional des Douanes d’Alger :

« vous savez que le tiers du montant des 40 milliards de dollars (soit 13 milliards de dollars) consacré ? l’importation de biens d’équipement et de produits de consommation part dans des comptes de sociétés ouverts ? l’étranger, grâce ? la majoration des valeurs des produits importés » (El Watan du 2 juin).

C’est un pillage qui se répète chaque année et donne une idée de la force et de l’assise de l’hydre qu’il faut abattre.

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Redouane Mimouni


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