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En Turquie, les communistes défient l’OTAN : une mobilisation populaire contre la machine de guerre impérialiste
vendredi 10 juillet 2026, par
Alors que les dirigeants de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) se réunissent pour renforcer leurs dispositifs militaires et préparer de nouvelles orientations stratégiques, une voix de résistance s’est élevée depuis la Turquie. Celle des communistes turcs, des travailleurs et des militants anti-impérialistes qui refusent que leur pays soit transformé en un simple relais des ambitions militaires des grandes puissances.
À Ankara comme à Istanbul, le Parti communiste de Turquie (TKP) a organisé une série d’actions contre le sommet de l’OTAN, affirmant que l’Alliance atlantique ne représente pas la paix mais une structure militaire au service des intérêts impérialistes. Malgré les interdictions, les arrestations et la répression policière, le TKP a maintenu ses mobilisations et démontré que l’opposition populaire aux politiques de guerre reste vivante.
Le pouvoir turc avait voulu empêcher toute contestation visible pendant la tenue du sommet. Le gouvernorat d’Ankara avait interdit du 28 juin au 10 juillet les manifestations, marches, rassemblements, conférences publiques et autres formes d’expression collective dans la capitale. Cette décision, présentée officiellement comme une mesure de sécurité, a été dénoncée par le TKP comme une tentative de transformer Ankara en ville sous contrôle militaire et policier afin de protéger les dirigeants de l’OTAN de toute protestation populaire.
Pour les communistes turcs, cette interdiction révélait une contradiction fondamentale : ceux qui prétendent défendre la « démocratie » et les « valeurs occidentales » ne tolèrent pas que les peuples expriment leur opposition aux politiques de guerre et de domination.
Le TKP a immédiatement annoncé son intention de maintenir ses rassemblements. « Plus ils cherchent à nous intimider, plus notre lutte contre l’OTAN et l’impérialisme grandira », a déclaré le parti, appelant les travailleurs, les jeunes et toutes les forces progressistes à participer aux mobilisations.
À Ankara, les militants communistes ont défié l’interdiction. Malgré un impressionnant dispositif policier, ils se sont rassemblés dans le centre de la capitale pour dénoncer la présence de l’OTAN et ses plans militaires. Les manifestants ont marché en direction de la place Kizilay en scandant des mots d’ordre contre l’impérialisme, la guerre et les bases militaires étrangères.
La réaction des autorités a été immédiate : intervention policière, arrestations massives et violences contre les manifestants. Plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées. Le TKP a dénoncé les brutalités policières qui ont fait plusieurs blessés parmi ses militants, certains souffrant de blessures graves.
Loin de décourager la mobilisation, la répression a provoqué une nouvelle vague de protestations. Dans plusieurs grandes villes turques, les communistes et leurs sympathisants sont descendus dans la rue pour dénoncer l’OTAN et exiger une politique indépendante.
À Istanbul, des milliers de personnes ont participé à une manifestation organisée par le TKP. Travailleurs, étudiants, militants syndicaux et citoyens opposés aux guerres impérialistes se sont rassemblés pour affirmer leur refus de voir la Turquie servir de plateforme aux opérations militaires étrangères.
Dans cette ville symbole de nombreuses luttes populaires, les manifestants ont rappelé que l’opposition à l’influence militaire américaine et occidentale possède une longue tradition dans l’histoire politique turque.
Le secrétaire général du TKP, Kemal Okuyan, a pris la parole devant les manifestants et dénoncé l’OTAN comme une organisation militaire fondée sur les interventions, les occupations et les rapports de domination. Il a affirmé que les communistes turcs poursuivraient leur lutte bien au-delà du sommet d’Ankara.
Selon lui, l’OTAN cherche à imposer une logique de confrontation permanente dans laquelle les peuples sont sacrifiés au profit des intérêts stratégiques des grandes puissances. Les travailleurs n’ont rien à gagner dans les rivalités entre États impérialistes, a-t-il souligné, car ce sont eux qui paient le prix des guerres par la perte de leurs droits sociaux, l’appauvrissement et l’insécurité.
Le TKP a rappelé que l’histoire de la Turquie est marquée par de nombreuses luttes contre la présence militaire étrangère. Il a évoqué les grandes mobilisations populaires de 1968 contre la Sixième Flotte américaine venue à Istanbul. À cette époque déjà, des milliers de jeunes et de militants progressistes dénonçaient la dépendance militaire du pays et réclamaient une véritable indépendance nationale.
Aujourd’hui, les communistes turcs affirment que cette question demeure d’actualité. Depuis son adhésion à l’OTAN en 1952, la Turquie occupe une place stratégique dans le dispositif militaire occidental. Sa position géographique, entre l’Europe, la mer Noire et le Moyen-Orient, en a fait un élément essentiel des stratégies de l’Alliance.
Mais pour le TKP, cette place privilégiée dans le système militaire de l’OTAN n’a pas renforcé la souveraineté du pays. Elle a au contraire entraîné la Turquie dans les conflits régionaux, les opérations militaires extérieures et les rivalités entre grandes puissances.
Les communistes turcs dénoncent notamment la présence de bases militaires étrangères, l’utilisation du territoire turc pour des opérations de l’OTAN et l’alignement des gouvernements successifs sur les stratégies de Washington et des puissances occidentales.
Ils affirment que la véritable sécurité d’un peuple ne repose pas sur l’accumulation des armes, les alliances militaires et les dépenses de guerre, mais sur la paix, le développement économique indépendant et la satisfaction des besoins sociaux.
La mobilisation du TKP intervient également dans un contexte international marqué par l’aggravation des tensions militaires. Les guerres en cours, l’augmentation des budgets militaires et la multiplication des bases étrangères montrent, selon les communistes turcs, que l’OTAN poursuit une politique de confrontation permanente.
Le parti dénonce une alliance qui prétend défendre la stabilité tout en participant, directement ou indirectement, à des opérations militaires qui ont dévasté plusieurs régions du monde.
Pour le TKP, les peuples ne doivent pas accepter d’être divisés et opposés les uns aux autres au nom des intérêts des puissants. Les travailleurs turcs, européens, arabes et de toutes les régions du monde ont un intérêt commun : empêcher les guerres et combattre les politiques qui transforment les nations en instruments militaires.
La mobilisation d’Istanbul et d’Ankara constitue ainsi un avertissement : malgré la répression et les interdictions, la contestation de l’OTAN existe et continue de s’organiser.
Face aux sommets militaires, les communistes turcs opposent la mobilisation populaire. Face aux bases étrangères, ils opposent la souveraineté nationale. Face aux préparatifs de guerre, ils opposent la solidarité entre les peuples.
Le message porté par le TKP est clair : la Turquie ne doit pas être une base militaire au service des grandes puissances. Elle doit être un pays indépendant, où les travailleurs décident de leur avenir et où la paix entre les peuples remplace la logique de confrontation imposée par les blocs militaires.
L’OTAN n’apporte pas la paix. Les peuples organisés peuvent imposer une autre voie : celle de l’indépendance, de la souveraineté et de la solidarité internationale.
EL HADJ MOHAMED BRAHIM
Alger républicain